Société 1 sur 4 déclare un revenu négatif. Mais le statut peut être intéressant fiscalement.

Il est encore possible en Belgique "d’arrondir les fins de mois". Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, dénombre ainsi 40.000 salariés et 12.079 fonctionnaires qui exercent une activité complémentaire (chiffres arrêtés au 12 décembre 2016). "Avec mes collègues, on en voit de plus en plus qui se lancent, depuis la fin de l’année dernière en particulier. Ce sont, surtout, des jeunes. Par exemple, un instituteur qui s’est lancé dans le bâtiment, un autre dans le design. C’est très positif car ça montre un retour de l’esprit d’entreprise en Belgique", analyse Luk Van Biesen, député (Open VlD), et comptable-fiscaliste (basé à Crainhem) dans le privé. Il a interpellé le ministre à ce sujet.

Pour se lancer comme indépendant complémentaire, il faut notamment obtenir un numéro auprès de la banque Carrefour, et se fendre d’une cotisation sociale (autour de 70 euros par trimestre). Jackpot ? Pas forcément… En 2016, 10.115 salariés et 3.000 fonctionnaires établis comme indépendants complémentaires ont ainsi déclaré un revenu négatif, soit un sur quatre ! En clair, leur activité leur a coûté plus qu’elle ne leur a rapporté. Une proportion étonnante. "Il faut souvent du temps pour se lancer, au début", estime Luk Van Biesen, qui précise "qu’e n tant qu’indépendant à titre complémentaire, on peut déduire la TVA sur des achats et déduire les pertes éventuellement subies des revenus imposables de la profession à titre principal".

"Une grande partie d’entre eux, pas tous évidemment, prend ce statut pour des raisons fiscales. Cela leur permet de payer moins d’impôts", analyse quant à lui Thierry Evens, de l’UCM. "En effet, en dessous d’un certain montant de gain, fixé à 1.400 euros par an, l’indépendant complémentaire ne doit pas payer sa cotisation sociale. Et le statut lui permet de déduire toute une série de frais : logement, déplacements, location, etc. Pour certaines activités, cela peut être une manière de diminuer le coût d’un hobby. Je prends l’exemple d’un philatéliste qui vend quelques timbres par an."

Attention, cependant : si un revenu négatif est déclaré trois années de suite, le contrôle fiscal est systématique.

"Déduire les frais liés à une activité complémentaire n’a rien d’illégal, pour autant que les frais soient réels", complète Thierry Evens, de l’UCM . "Mais si un philatéliste déclare 8.000 euros de frais, il risque fort, lui aussi, de se faire contrôler par le fisc."