150.944 accidents du travail en 2010

Ch. V. Publié le - Mis à jour le

Société

Journée internationale de la sécurité au travail ce samedi : pas de réelle diminution du nombre d’accidents enregistrés en 2010

BRUXELLES 150.944 accidents sont survenus en 2010 sur les lieux de travail, dans le secteur privé, des Belges. C’est plus qu’en 2009, mais nettement moins qu’en 2008. De là à conclure à davantage de sécurité sur le lieu de travail… il y a des précautions à prendre et un contexte économique à ne pas ignorer.

Ainsi, si en 2009 les statistiques semblaient encourageantes quant aux mesures de sécurité prises et respectées sur le lieu de travail, c’était sans considérer le ralentissement économique auquel employés et employeurs faisaient face. “On était alors dans une période de crise. Moins d’accidents du travail survenaient tout simplement parce qu’il y avait moins de travail sur le marché”, souligne Claudine Vanlanguenakers, conseillère prévention à la CSC.

Des propos que confirment les ministres De Coninck et Courard, respectivement ministre de l’Emploi et secrétaire d’État aux Affaires sociales.

Au cabinet de Monica De Coninck, on préconise d’ailleurs d’analyser ces nouveaux chiffres sur les accidents du travail avec beaucoup de précaution. Car si la reprise de l’activité économique a engendré une augmentation (de 6,1 %) du nombre d’accidents du travail en 2010 dans le secteur privé, la réalité pourrait être davantage alarmante. D’autant plus que le secteur public (armée, police,...) compte aussi un nombre élevé de métiers à risques…

Comme le fait remarquer Christopher Barzal, porte-parole de la ministre de l’Emploi, “la baisse notable du nombre d’accidents légers en 2010 n’est pas à prendre comptant, contrairement à la stabilité du nombre d’accidents graves. Même s’ils montrent une tendance à la baisse, ils restent trop importants. Une situation qui s’inscrit à contre-courant du nombre total d’accidents du travail qui, lui, n’a cessé de diminuer au cours de ces dernières années. Cette situation pourrait s’expliquer par le fait que les accidents sans risque de lésion permanente ou moins graves sont de moins en moins déclarés. Car les employeurs sont obligés de déclarer les accidents graves et mortels. Ce qui n’est pas toujours le cas pour les accidents légers…”.

Ceux-ci sont en effet parfois camouflés par les entreprises qui utilisent des méthodes suspectes pour dissuader leurs employés de déclarer leurs accidents du travail. “L’évolution de ce genre de procédés est problématique. Il y a eu cet exemple d’une entreprise qui promettait une prime de fin d’année à ceux et celles qui ne déclaraient pas un accident du travail. Maintenant, les employés sont davantage attentifs à leur sécurité”, ajoute Claudine Vanlanguenakers.

C’est plus en amont que réside l’imprudence. “Même si le risque zéro n’existe pas pour un travailleur prudent.”

Si les travailleurs de plus de 45 ans, avec dès lors une grande expérience dans le milieu, sont davantage victimes d’accidents, “car ils ne voient plus le danger, ils s’y sont habitués”, il en est de même pour les travailleurs de moins de 25 ans, eux, inexpérimentés.

Deux autres catégories de victimes d’accidents du travail posent problème : les intérimaires et les travailleurs immigrés. “Il n’est pas improbable de voir un intérimaire, à l’origine boulanger, placé à un poste dans la sidérurgie, sans formation suffisante. Les immigrés, eux, rencontrent des problèmes de langue. Ils ne comprennent pas toujours les consignes de sécurité données sur le terrain…”, fait remarquer la conseillère prévention de la CSC.



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