Société Les médicaments utilisés de manière inappropriée ou surconsommés coûtent 200 millions d’euros par an.

D’après une étude réalisée par IMS Health, une entreprise proposant des études et du conseil pour les industries du médicament et les acteurs de la santé, 42.000 hospitalisations sont dues à des erreurs dans la prise de médicaments chaque année dans notre pays. Des erreurs coûteuses puisque leur montant s’élèverait à plus de 200 millions d’euros. "Ces problèmes sont sans doute encore bien sous-estimés", estime Alain Chaspierre, porte-parole de l’APB (Association pharmaceutique belge).

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 1 % à 25 % de toutes les admissions à l’hôpital et au service d’urgence sont liées à des médicaments.

Le Centre Antipoisons est familier de cette problématique puisqu’il reçoit chaque année environ 25.000 appels concernant les médicaments. Les médicaments représentent près de la moitié des produits en cause dans les appels et plus de 6.000 appels concernent une erreur dans la prise ou l’administration d’un médicament. Un millier d’appels concernent les effets indésirables des médicaments.

Les erreurs dans la prise d’un remède se produisent aussi bien chez l’adulte (60 % des cas) que chez l’enfant (39 % des cas).

Les erreurs les plus fréquentes (65%) constatées au Centre antipoisons sont les surdosages et les erreurs de produits (25 % environ). Les erreurs dans la voie d’administration sont plus rares (moins de 10 %). Enfin, la prise de médicaments périmés (2 % des cas) est une source d’inquiétude mais reste en général sans conséquence.

Chez l’enfant, les médicaments à base de paracétamol et d’ibuprofène utilisés pour combattre la fièvre et la douleur ainsi que les médicaments contre la toux et le rhume (antitussifs, mucolytiques, expectorants, gouttes pour le nez) sont souvent en cause dans les erreurs.

Chez l’adulte , ce sont les médicaments du système nerveux (somnifères, antidépresseurs…), les médicaments du système cardiovasculaire et les antidouleurs qui sont le plus souvent impliqués. "Une situation très courante est la prise d’un même médicament sous des formes différentes. Par exemple, le Paracetamol existe sous de nombreux noms. Aux Pays-Bas, on le trouve même dans les grandes surfaces. Des personnes qui souffrent de maux de dos ou de tête vont en prendre un puis une deuxième dose qui porte une autre appellation en pensant qu’il s’agit d’un autre médicament que le premier", explique la directrice du centre.