Société Il leur permet d’engager une conversation via SMS avec les services d’urgence.

Il est difficile, voire impossible,de se faire comprendre par téléphone quand on est sourd et muet. Et cela peut devenir très embêtant dans une situation d’urgence ou de danger imminent. Mais depuis un peu plus d’un an, le service du 112 (et autres numéros comme le 100 ou le 101) a décidé de mettre en place un numéro spécial à destination des personnes malentendantes ou atteintes d’un défaut d’élocution. Il leur permet de communiquer avec les secours via SMS. Pour éviter tout abus, ce numéro n’est disponible que sur demande.

Depuis son lancement, 835 personnes l’ont déjà sollicité. Il faut dire qu’avant, la seule façon pour elles de communiquer avec le 112 était d’envoyer un fax (dont le numéro reste d’ailleurs encore accessible aujourd’hui).

Mais malgré l’existence de cette solution, le 112 recommande d’utiliser en priorité, si cela est possible, l’appel vocal plutôt que le SMS (si la personne malentendante est accompagnée par exemple). "Grâce à un questionnaire adressé oralement, l’opérateur peut réagir plus rapidement. L’appel vocal ordinaire permet également aux opérateurs d’assurer l’accompagnement médical et de fournir, par exemple, des instructions de réanimation."

Il est probable que ce numéro spécial reste accessible, même après l’introduction de l’APP 112 (voir ci-dessous). À noter qu’il n’est pas possible d’utiliser ce numéro à l’étranger et que votre GSM doit impérativement être équipé d’une carte SIM belge. Tous les SMS envoyés et reçus, à l’image des appels aux numéros d’urgence, sont gratuits. Pour les demander, il suffit d’envoyer ‘contact’ à l’adresse e-mail sms@ibz.fgov.be ou par SMS au 8842.


Elle crée une application pour son fils

Il y a deux ans, Dina Lemmens a créé l’ASBL Auris Viva. Son but ? Trouver un moyen d’améliorer la vie des sourds muets en Belgique. Il y a un an, l’association a réussi à développer une application, i-Help, qui leur permet de contacter plus facilement les secours en cas d’accident.

"Je suis partie d’une question toute simple : comment font les sourds muets pour contacter le 112 pour une urgence ? À l’époque, aucun système spécifique n’existait et je m’inquiétais pour mon fils, âgé aujourd’hui de 25 ans, qui commençait à conduire. Il faut savoir qu’il y a deux ans, quand j’ai posé la question au 112, on m’a dit que la seule solution était d’envoyer un fax ! Imaginez-vous envoyer un fax alors que vous venez d’avoir un grave accident de voiture, c’est absurde !", explique la maman.

Mais lancer un tel projet n’a pas été facile. "Nous sommes allés sonner à beaucoup de portes pour tenter d’obtenir des fonds, mais nous avons toujours eu des réponses négatives. J’ai donc investi moi-même 5.000 euros pour lancer l’application", poursuit Mme Lemmens.

Ladite application est aujourd’hui disponible gratuitement et en trois langues sur iPhone (son introduction sur la plateforme Android n’est pour le moment pas envisagée). Et le fonctionnement est tout simple : "Grâce à des icônes représentant des situations d’urgence, l’utilisateur pourra en un clic choisir le motif de l’intervention (incendies, accidents…). Les coordonnées GPS sont envoyées en même temps pour localiser le lieu de l’incident."

En un an, 400 personnes ont déjà téléchargé i-Help. L’ASBL récolte aussi des fonds pour équiper les salles de cinéma de systèmes de sous-titrage pour les personnes malentendantes.


L’APP 112 est dans les starting-blocks

Cela fait déjà plusieurs mois que les autorités travaillent sur une toute nouvelle application qui permettra de mettre en contact tous les citoyens et les services d’urgence. Après de nombreux mois de tests techniques et opérationnels, L’APP 112, de son nom, sera proposée en test à un public restreint avant cet été. Elle devrait ainsi être disponible, gratuitement bien sûr, pour tout le monde dans les mois à venir.

Le grand avantage de cette application, qui aura tout de même coûté près de 683.000 euros, est de faciliter le travail de dispatching du 112. "Lorsque vous installez l’app sur votre smartphone, plusieurs étapes doivent être suivies. Il faut par exemple insérer son nom, date de naissance et adresse. Un espace est aussi prévu pour remplir certaines affections (problèmes cardiaques, allergies, mauvaise ouïe, surdité, etc.) ou informations utiles", précise le cabinet du ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA).

Ensuite, l’application vous permettra, à l’aide d’icônes, de choisir le service dont vous avez besoin : police, secours ou service d’incendie. Une fois le contact pris, le service sollicité aura accès à votre position et pourra ainsi intervenir plus vite.

Côté utilisation, un appel est censé arriver après le signalement mais l’application permettra aussi d’ouvrir une session de chat avec les secours. "Une session de chat ou SMS est traitée avec la même priorité qu’un appel oral, mais l’interrogation et le traitement nécessitent plus de temps qu’un simple appel oral. Un appel oral via simple téléphonie, ou l’app, reste ainsi la meilleure façon de contacter les services d’urgence."

Le chat sera par ailleurs automatiquement engagé si la personne a des problèmes d’audition ou "si l’opérateur l’estime nécessaire ou souhaitable en raison des circonstances".