Société Pour Medicare, ces prix élevés sont dus à une absence de concurrence dans le secteur pharmaceutique belge.

Les Belges payent leurs médicaments trop chers et dans un marché où il n’y a pas assez de concurrence.

C’est la conclusion d’une enquête réalisée en avril 2017 par Dedicated Research à l’initiative de Medicare-Market, un groupe qui compte neuf enseignes de parapharmacies et six enseignes de pharmacies en Belgique.

L’étude de Medicare-Market a été divisée en deux parties. La première a interrogé par Internet 1.015 personnes âgées de 18 à 70 ans constituant un échantillon représentatif de la population belge. La seconde a vérifié dans 100 pharmacies belges composant un panel représentatif du secteur les prix des neuf médicaments les plus vendus non soumis à prescription, à savoir Dafalgan, Nurofen, Strepsil, Nicorette, Voltaren, Imodium, Gaviscon, Aspirine et Microlax.

Il en ressort que 87 % des Belges estiment que les médicaments sont trop chers et près d’un Belge sur trois (31 %) renonce à en acheter pour des raisons financières. Pour Medicare-Market, le problème ne fera que s’accentuer dans les années à venir avec l’allongement de l’espérance de vie.

L’étude met également en lumière des situations d’absence de concurrence réelle concernant la vente des médicaments non remboursés et des autres produits (crèmes solaires, compléments alimentaires, huiles essentielles...) distribués en pharmacies. "Quand on constate que 99 % des pharmacies belges appliquent la même politique de prix en s’alignant, qui plus est, systématiquement sur le prix maximum légalement autorisé, il y a matière à se poser des questions", estime Yvan Verougstraete, administrateur délégué de Medicare-Market.

L’étude indique en outre que les patients français et néerlandais payent leurs médicaments beaucoup moins chers que les Belges. En se rendant en France, on peut économiser jusqu’à 36 % et aux Pays-Bas jusqu’à 27 %. Près d’un quart des Belges interrogés ont indiqué se tourner vers les pays voisins pour y acheter leurs médicaments.

Pour Medicare-Market, une diminution moyenne de 20 % du prix des médicaments non remboursés et des autres produits vendus en pharmacie permettrait aux consommateurs de notre pays d’économiser 400 millions d’euros chaque année. "L’enjeu de la démocratisation pour les soins de santé est de taille."

La société estime que certains acteurs du secteur font du lobbying pour justifier des pratiques anti-concurentielles afin de garder leur position de rente. Une théorie que réfute l’APB (Association pharmaceutique belge) (voir ci-dessous).

Alain Chaspierre : Porte-parole de l’APB

"Le service a un prix"

"Si l’on demande à une centaine d’individus s’ils souhaitent payer moins d’impôts, 100 % vont répondre oui. Si l’on demande à ces mêmes 100 personnes s’ils paient trop cher leurs médicaments, ils vont pour la plupart répondre oui. Mais a-t-on posé une question sur la qualité du service, la proximité et l’accessibilité ? Il faut toujours savoir que le prix d’un médicament non remboursé inclut le service. Si demain, toutes les pharmacies du royaume disparaissaient, combien les gens devront-ils payer pour recevoir leurs médicaments ? Est-ce que les plus pauvres seraient livrés ou se contenterait-on de livrer les bons payeurs ?"