Société

L'une des plus grandes études réalisées en Belgique sur les maladies cardiovasculaires

BRUXELLES Nom de code: CHD Monitor. Particularité: il s'agit de l'une des plus larges études épidémiologiques réalisées en Belgique (entre septembre 1998 et février 2000) sur les maladies cardiovasculaires.

Panel: 5.511 patients âgés de plus de 35 ans et examinés pour des problèmes cardiaques ou non , pris en charge par quelque trois cents médecins généralistes.

Objet: déterminer la proportion de la population présentant des facteurs de risque cardiovasculaire (hypertension, diabète, excès de cholestérol, histoire coronaire familiale...), ou confrontée à un trouble de cet ordre (angine de poitrine, antécédents d'infarctus...), ainsi que les traitements mis en oeuvre (le cas échéant), avec une attention particulière accordée au volet diététique.

Ce travail a été coordonné par l'Unité d'épidémiologie et de prévention de l'Institut Bordet (Bruxelles).

Les résultats ont été dévoilés, ce samedi, à l'occasion d'un symposium qui a réuni, dans la capitale, un parterre de spécialistes. Points forts.

Le cholestérol. Premier constat: une frange particulièrement large de la population considérée ici présente un taux de cholestérol total très élevé (plus de 250 mg/dl); puisqu'ils sont environ 24% en Flandre, 27% en Wallonie et 28-29% à Bruxelles.

Un millier de patients (soit un peu moins de 20% de l'ensemble du panel) sont traités avec des médicaments statines et fibrates destinés à faire baisser leur cholestérol; les statines (dont l'administration est en nette hausse depuis 1996) étant davantage prisées dans les cas lourds.

L'excès de poids. La surcharge pondérale importante concerne plus d'un Wallon sur cinq (21%); et environ 16% des Flamands et des Bruxellois. L'excès, disons, moyen, affecte 36% des habitants du sud du pays; et 36 à 38% du reste de la population.

Par la force des choses, puisque le lien de cause à effet est connu, au plus le surpoids est important, au plus la proportion de diabétiques (non insulino-dépendants) augmente.

Les fumeurs. Tant parmi les hommes que parmi les femmes, la courbe va décroissant avec l'âge (environ 30% des 30-39 ans, jusqu'à 16% des 80 ans et plus côté masculin; de 22% à 3% chez les dames). La tendance s'inverse auprès des ex-fumeurs (11% à 30-39 ans et 44% à 70-79 ans pour les hommes; grosso modo 10% chez les femmes à tout âge). Logiquement, l'arrêt du tabac est proportionnellement beaucoup plus fréquent au sein des patients qui ont souffert d'un trouble cardiaque.

Il est à remarquer, aussi, que les fumeurs consomment sensiblement moins de fruits, mais autant de légumes que les non fumeurs.

Enfin, ils... beurrent sensiblement plus leurs tartines (la margarine est, à peu de choses près, appréciée de la même manière dans les deux groupes).

La diététique. Premier constat: selon les régions, de 40 à 45% des patients présentant un trouble cardiovasculaire ne sont pas soumis à une régime alimentaire particulier; et, lorsqu'ils le sont, celui-ci est dans la plupart des cas mis en oeuvre par le médecin généraliste.

Le même constat vaut, globalement, pour les personnes présentant un taux de cholestérol élevé. Celles qui font attention recourent, en Flandre, à la margarine de régime, les Bruxellois et les Wallons optant plutôt pour la margarine simple.

On signalera aussi que pour cuisiner, les patients cardiaques flamands se tournent équitablement vers le beurre, la margarine et l'huile d'olive; contrairement aux francophones, qui privilégient plutôt le beurre et la margarine, en tenant compte que l'huile du soleil occupe une place de plus en plus appréciable.