Société 2.433 adolescents entre 12 et 17 ans, adeptes du binge drinking, hospitalisés.

L’agence intermutualiste (AIM) tire la sonnette d’alarme. Elle réclame, comme d’autres institutions de santé publique, la mise en place d’un Plan alcool.

Selon des chiffres rendus publics par l’AIM, de plus en plus de mineurs d’âge sont admis aux urgences après avoir consommé de l’alcool de façon excessive. C’est ce que les spécialistes appellent le binge drinking (au moins 6 verres d’alcool en deux heures pour un homme, 4 verres en deux heures pour une femme).

En 2014, 2.433 adolescents, entre 12 et 17 ans (soit 47 jeunes par semaine approximativement), ont souffert d’un intoxication liée à l’alcool. Pour la première fois, les filles sont aussi nombreuses que les garçons (1.199 filles et 1.234 garçons). 996 jeunes de 17 ans ont été admis aux urgences. "C’est 6 % de plus qu’en 2013 !", déplore l’AIM.

"Nous assistons à un changement de comportement face à l’alcool", remarque Michiel Callens, porte-parole de l’AIM. "Quand ils sortent, les jeunes se réunissent d’abord chez l’un ou l’autre et boivent déjà quelques verres. Quand ils ont bien bu, ils se rendent à leur soirée… En plus, il y a un plus grand choix de boissons alcoolisées sucrées, ce qui plaît aux jeunes, surtout aux filles."

Aux urgences, les jeunes sont placés en observation. Ils peuvent aussi être pris en charge médicalement. En fonction de l’âge, les parents ne sont pas toujours prévenus par le service. Mais ils reçoivent la facture à la maison, avec quelques semaines de décalage. "Aux Pays-Bas, les jeunes qui sont hospitalisés à cause d’une consommation excessive d’alcool restent à l’hôpital une journée", ajoute Michiel Callens. "Après, ils sont contactés par un centre de prévention où ils discutent avec un psychologue et leurs parents. Ici, les jeunes sont renvoyés chez eux sans souci. Or, on remarque qu’il y a des cas de récidive, même s’ils sont inférieurs à 10 %."