Société

Les parents n'ont pas beaucoup dormi, peu habitués à rester dans le froid si longtemps

BRUXELLES "Mais pourquoi les inscriptions ne se font-elles pas en avril ? ", ironisent en choeur les parents qui ont passé leur première nuit, non improvisée, devant l'établissement Saint-Pierre à Jette. Ils font allusion au froid et à la pluie qu'ils ont bravés tous ensemble durant ces pénibles heures. La plupart d'entre eux n'ont pas fermé l'oeil, trop occupés à ressasser la situation : "On s'est tous dit qu'on allait payer des SDF plutôt que des étudiants pour attendre à notre place, ils sont certainement moins chers. Une chose est sûre, aucun d'entre nous ne votera pour le PS aux prochaines élections ".

Mais à les voir s'entraider avec le sourire, on se dit que, finalement, il y a du bon à prendre. "Absolument, la solidarité existe réellem ent. Les parents dits privilégiés sont venus nous soutenir en nous servant de la soupe, c'était sympa ", indique une maman.

Et les écoliers de Jette, qu'en pensent-ils ? Antoine, Jérémy et Romain, du haut de leurs 13 et 14 ans, n'ont absolument pas leur langue en poche : "Son décret est stupide, on devrait mettre la tête d'Arena sur un piquet et se promener avec en rue ".

À Ixelles, à l'institut Saint-André, il y a 25 places à pourvoir et 40 parents sur le qui-vive, tantôt avec un bouquin, tantôt avec un blackberry. Un père mène une réunion en anglais par téléphone, d'autres mères se réchauffent au coin d'un feu improvisé et plus que bienvenu.

Il faut se rendre à l'évidence, la majorité de ces parents sont issus de la classe dite privilégiée de la société et ils n'imaginent pas prévoir de plan B en cas d'échec d'inscription.

Il n'empêche, élite ou pas, ils restent pétrifiés par le froid et espèrent pouvoir se réchauffer à l'intérieur. Peine perdue, la direction ne veut prendre aucune responsabilité : "En les laissant à l'extérieur, c'est favoriser un climat de sérénité car ils savent qui suit qui sur le trottoir ".

La nuit tombe. Devant le collège Saint-Michel à Etterbeek, la liste d'attente affiche plus de 80 numéros au compteur. Un touriste anglais s'arrête, interloqué par la scène et interroge des parents enfouis sous les tentes bleues. Une mère, exaspérée, se désiste : "Il est hors de question de passer la nuit dehors comme un SDF ".

Tout le contraire des parents privilégiés du très prisé collège Saint-Hubert à Watermael-Boitsfort. Les veinards, ils ont un écran de télévision au mur pour les divertir et une tournée de pizzas et de soupe pour caler leurs estomacs.



© La Dernière Heure 2007