Baignade interdite

V. S. Publié le - Mis à jour le

Société La Commission a ouvert une procédure d'infraction contre la Belgique, lui enjoignant de nettoyer ses sites pollués

BRUXELLES Si les sites de baignade côtiers belges répondent, de manière générale, aux exigences de l'Union européenne en matière de propreté des eaux, on ne peut pas en dire autant des sites d'eau douce à travers le pays. Sur 129 sites recensés, 72 demeurent accessibles au public, les 57 autres ayant été fermés suite à des problèmes de pollution. Pour la Commission européenne, il y a là infraction claire à la directive relative à la qualité des eaux de baignade.

Une procédure d'infraction a dès lors été ouverte contre la Belgique et dix autres États membres, ayant préféré fermer les sites problématiques plutôt que d'entamer les travaux d'assainissement permettant au public de s'y baigner.

La radiation de sites de baignade des listes officielles doit être expliquée de manière appropriée et individuelle, et ne peut pas constituer une réponse à des problèmes de pollution. Comme les onze États membres en question n'ont pas fourni d'explications jusqu'à présent, la Commission leur a demandé de justifier la suppression de sites précédemment reconnus comme des zones de baignade.

D'après les rapports annuels sur les eaux de baignade soumis par les États membres en vertu de la directive sur les eaux de baignade, la Commission a constaté que, entre le début des années 1990 et 2004, de nombreux sites de baignade précédemment reconnus ont été supprimés sans explication de la liste des zones de baignade contrôlées.

La Cour de justice européenne a établi que le déclassement, ou la radiation, de sites de baignade doit être expliqué et justifié de façon adéquate, et ne peut pas être une réponse à la pollution de l'eau. C'est pourquoi la Commission a envoyé une première lettre d'avertissement à l'Allemagne, à la Belgique, au Danemark, à l'Espagne, à la Finlande, à la France, à la Grèce, à l'Italie, aux Pays-Bas, au Portugal et à la Suède, leur demandant de rétablir les sites de baignade en question ou de fournir une explication satisfaisante de leur radiation. Avant d'éventuelles poursuites et amendes...

Lors du dernier rapport relatif à la qualité des eaux de baignade au sein de l'Union européenne, la Belgique affichait un taux de 97% de conformité concernant les sites côtiers, et de 73% pour les eaux douces. Ce dernier indice ne reprenait cependant que les 72 sites ayant fait l'objet de prélèvements, excluant donc les 57 sites déclassés qui posent problème.

© La Dernière Heure 2006

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