Société Pour Squeezie, le très suivi jeune Français, les vidéastes renommés abusent de leurs influence pour obtenir des faveurs sexuelles.

Il vient d’allumer la mèche d’une caisse de dynamite Acme, avant de filer, façon Looney Tunes, à toutes jambes, doigts sur les tympans. Il ? Lucas Hauchard, mieux connu, du moins par nos enfants ou les plus jeunes d’entre nous, sous le pseudonyme de Squeezie. Qui n’est nul autre que le vidéaste francophone le plus populaire du YouTube-Game, juste derrière Cyprien (Iov) et juste devant Norman (Thavaud). Le jeune natif de Vitry-sur-Seine en région parisienne, 22 ans, est suivi par l’équivalent de ce que la Belgique compte de citoyens : plus de onze millions d’internautes sont abonnés à ses péripéties humoristiques, potaches, ses expériences de la vie ou du monde des jeux vidéo. Ses contenus ont été vus, en sept années, à près de 5,2... milliards de reprises.

Le séisme qu’il a déclenché part d’un tweet : "Les YouTubers (y compris ceux qui crient sur tous les toits qu’ils sont féministes) qui profitent de la vulnérabilité psychologique de jeunes abonnées pour obtenir des rapports sexuels, on vous voit, la vérité finit toujours par éclater."

© D.R.
Bien que prudent d’un point de vue légal (Squeezie ne cite aucun nom, et ne fait qu’induire l’idée qu’on parle ici de mineures), le message a évidemment enflammé la Twittosphère, retweeté 44.000 fois et aimé à plus de 100.000 reprises. Alors que le réseau social résonne encore des hashtags #Balancetonporc et #Metoo; il n’a pas traîné à voir naître la hashtag cousin, #Balancetonyoutubeur. S’y empilent des threads (fils de discussion) où des internautes, pour certain(e)s mineur(e)s à l’époque des faits, témoignent de leur mésaventure avec tel streamer ou YouTubeur, qui leur aurait tantôt proposé des rendez-vous malsains, tantôt envoyé des dickpics (photos du sexe masculin), tantôt réclamé des images et vidéos dénudées. Ils le font sous une forme plus ou moins affirmative, avec tantôt des captures d’écran dont il est difficle de juger de l’authenticité, tantôt des accusations à la va-vite; bref, un gloubi-boulga dont Twitter a le secret.

Avec les effets positifs que cela peut avoir (la libération de la parole des femmes et la prise de conscience sociétale qui a suivi l’affaire Weinstein), comme ses effets négatifs (quand le réseau se transforme en place de la vindicte populaire où la délation facile et parfois erronée règne en maître).

Des noms - que Squeezie s’est bien gardé de citer - ont ainsi peu a peu commencé à se répandre sur les réseaux. Des YouTubeurs très influents sont régulièrement cités, sans la moindre preuve tangible et indiscutable de l’exactitude des faits qu’on leur reproche- raison pour laquelle nous ne répercutons pas leurs pseudos dans ces lignes. Squeezie, pour sa part, a précisé quelques heures après le départ du feu son intention : "Je ne vais pas porter d’accusations précipitées mais les concernés ne sont pas forcément ceux auxquels vous pensez. Je voulais dans un premier temps mettre un doigt sur ces pratiques et inciter les concernés à vite arrêter. Traiter ce sujet est complexe et nécessite du temps…" Le Web n’en a pas.