Société Le Belge tient à sa vie privée, sauf pour obtenir une prime moins chère en auto.

C’est quoi un bon assureur ? C’est une compagnie qui "agit rapidement sans faire trop d’histoires", estime un Belge sur deux, selon l’étude de réputation du secteur de l’assurance présentée jeudi.

Mais dans le même temps, le Belge sait qu’il faut parfois "faire des histoires", car il est conscient qu’il paie une prime trop élevée à cause des tricheurs. Ils sont 62 % dans ce cas alors qu’un Belge sur 4 n’est pas du tout d’accord avec l’idée de ce surcoût dû aux fraudeurs. Moins d’un Belge sur deux estime en tout cas que la plupart des gens sont honnêtes lors de la déclaration d’un sinistre.

La fraude n’en est pas moins une réalité, certes difficile à cerner. Il est généralement convenu que chaque ménage belge paie entre un surcoût de prime annuel de 100 à 120 euros en raison des fraudes, par essence non détectées.

Au-delà de ce constat, cette étude est pleine d’enseignements parfois contradictoires, quelques fois interpellants.

Ainsi, sur la vie privée: "Les Belges ne sont pas disposés à communiquer des données se rapportant à leur vie privée pour obtenir une prime moins élevée, sauf pour l’assurance auto", souligne Philippe Colle, administrateur-délégué d’Assuralia, la fédération du secteur de l’assurance. Plus d’un Belge sur deux (53 %) y est favorable pour l’assurance auto. Sinon, pour les autres produits, 66 % y sont (fermement) opposés.

Philippe Colle est étonné à la lecture de certains résultats. Comme le fait que la branche 21 reste une grande inconnue. Ou que les assurés ne savent pas, ou trop peu, que les compagnies doivent garantir à 100 % leurs engagements à l’égard de leurs clients.

Moins étonnant, sans doute, le fait que 69 % des répondants estiment que les produits ne sont pas faciles à comprendre ou encore qu’il y a trop de documents à lire et à signer lors de la souscription d’un nouveau contrat.

La propre expérience de l’assuré influence le plus sa perception du monde de l’assurance (88 % des cas). "Cela me paraît aller de soi", commente Philippe Colle. "Les réseaux sociaux ont par contre un impact totalement marginal sur la réputation des assurances".

Les Belges sont globalement satisfaits de leurs assurances, même si elles peuvent mieux faire. Ils sont encore 15 % à ne pas être satisfaits du montant de l’indemnité perçue, contre 21 % voilà 3 ans. Le manque de rapidité ou le délai pour régler le sinistre est épinglé par 16 % des répondants, contre 21 % en 2014. "Il y a une tendance à la baisse des expériences négatives", constate Assuralia. Mais il y a encore du boulot.

© D.R.