Société Neuf praticiens sur dix informent les patients sur les risques du tabagisme

BRUXELLES L'étude comporte deux volets, aussi intéressants l'un que l'autre: quelle est l'étendue du tabagisme parmi les médecins belges, et comment ceux-ci abordent-ils la problématique avec leurs patients? Cette enquête a été conduite (auprès d'un panel de quelque 4.600 praticiens) à l'initiative d'un groupe de travail, réunissant d'éminents pneumologues, constitué au sein de la Fondation contre les affections respiratoires et pour l'éducation à la santé (Fares). Les résultats de ces travaux ont fait l'objet d'une publication récente dans la revue scientifique Acta Clinica Belgica.

Le nombre de médecins accros. Près d'un praticien sur cinq (17,3%) est fumeur. Un score inférieur à celui enregistré dans l'ensemble de la population (30%); alors que les médecins belges fument davantage que leurs confrères d'autres pays.

Ceci étant, nous sommes aujourd'hui bien en dessous des données enregistrées lors d'une précédente étude, réalisée en 1983, qui identifiait 32% de docteurs fumeurs. Prolongement logique: à l'heure actuelle, 28,7% des praticiens se disent ex-fumeurs (un peu plus de la moitié a connu l'échec, avant de réussir ce sevrage).

Au fur et à mesure que l'on progresse en âge, la proportion de fumeurs décroît, alors que celle des ex-fumeurs augmente. Par ailleurs, la prévalence du tabagisme se situe à 19,4% chez les hommes, et 11,3% parmi les femmes médecins. Les chercheurs n'ont pas observé de différence notable entre les généralistes et les spécialistes.

On apprend également que 61,6% des médecins fumeurs sont des accros quotidiens; 62% optant pour la cigarette, dont la consommation médiane tourne autour des douze clopes par jour, soit un niveau relativement bas (le score moyen de dépendance à la nicotinique est du reste peu élevé).

La prise en charge des patients fumeurs. `Les médecins ne perçoivent pas suffisamment l'approche spécifique de l'arrêt en fonction des divers stades du cycle de cessation, du degré de dépendance nicotinique et de l'état psychique du patient´, notent les auteurs de l'enquête. Moins de la moitié des médecins déterminent le statut tabagique de tous leurs patients. Ils sont 90% à affirmer informer leurs patients fumeurs sur les risques de cette pratique pour leur santé, et 84,2% à aborder les problèmes de l'arrêt. Sur ce dernier plan, l'intervention se limite, le plus souvent, à un ferme conseil, qui n'est complété par la prescription d'un substitut (patche, chewing-gum) que pour la moitié des fumeurs.