Société L’anxiété est un phénomène naturel en réponse à une situation stressante. Elle fait partie de notre vie, mais ne doit pas devenir une angoisse qui paralyse. L’hygiène de vie, l’activité physique ou les thérapies peuvent être un secours. Avant cela, il est bon de faire un bilan.

Le cœur emballé, les mains moites, l’impression d’être nul… Qui n’a pas connu cette situation avant un entretien ou un examen important ? L’anxiété est un réflexe naturel, en réponse à une situation stressante. Elle nous est parfois imposée par des contraintes professionnelles ou familiales. Mais certains anxieux, très perfectionnistes, se mettent eux-mêmes la pression. D’autres échafaudent des scénarios plus ou moins réalistes, au risque d’aggraver leurs inquiétudes. Si l’anxiété fait partie de notre vie, elle ne doit pas en prendre le contrôle. Quand l’angoisse vous ronge et vous noue les tripes, il faut réagir car, à l’extrême, elle peut conduire à la dépression, voire au suicide. Deux périodes sont particulièrement à risque : l’adolescence et le début de la vieillesse, après 65 ans.

Des passages parfois difficiles

"On observe des pics de fréquence à ces deux âges de la vie. Malheureusement, ce sont aussi des périodes où l’anxiété est trop souvent négligée", remarque le Dr Dominique Servant, psychiatre. Pour en sortir, il faut soigner à la fois la tête et les jambes. En apprenant à relâcher ses tensions physiques et psychologiques, en prenant soin de soi, et en modifiant ses propres mécanismes de pensées, chacun est à même de maîtriser son anxiété.

Au travail : toujours plus !

Les conseils de Silvia André, psychologue clinicienne : "Rester dans le silence et accepter n’est pas judicieux. On se dit qu’on va mettre les bouchées doubles pour ne pas être licencié. Or ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. Quand on commence à mal dormir ou à avoir du mal à déconnecter, il faut mettre des limites et en parler à son manager. Le but n’est pas d’apprendre à vivre en enfer, au contraire. Il s’agit de rendre la situation convenable pour tout le monde. En cas de surcharge de travail, il ne faut pas hésiter à en parler au médecin du travail. Il a un rôle de prévention et aussi d’alerte, en interne."

Comprendre l’engrenage pour mieux y échapper

L’anxiété est l’expression d’une peur qui va de la simple appréhension à la panique totale. C’est un sentiment très commun mais qui peut devenir envahissant : "C’est la tête qui s’affole et qui met le corps en action", décrit le Dr Hervé Montès, psychiatre. Face à un stress, le cerveau donne l’ordre aux glandes surrénales de sécréter deux hormones, l’adrénaline et la noradrénaline. Il s’ensuit une cascade de réactions physiques et psychologiques. C’est en jouant sur ces différents mécanismes que l’on réduira l’intensité de l’anxiété, avant qu’elle devienne pathologique.