Société Elles commandent des médicaments sur le Web au risque de mettre leur santé en danger.

Se faire avorter sans consulter de médecin ni de centre de planning familial, c’est possible mais c’est aussi fortement déconseillé ! Plusieurs sites internet permettent en effet d’acquérir des kits contenant du Mifepristone et du Misoprostol, les deux médicaments qui sont utilisés pour interrompre une grossesse, le tout sans avoir à se déplacer. Les deux produits doivent être utilisés en synergie pour que l’avortement se déroule correctement.

La pratique est interdite mais de nombreuses femmes y ont recours, notamment dans les pays ou l’avortement n’est pas autorisé ou lorsque les délais légaux pour interrompre une grossesse sont dépassés.

Ce qui est plus étonnant, c’est que de plus en plus de femmes belges et européennes y ont également recours. "Il y a encore des femmes qui ont du mal à parler d’avortement et qui préfèrent éviter les médecins", déplore le docteur Pé, médecin généraliste au planning familial bruxellois Plan F.

ll est impossible à l’heure actuelle de chiffrer ce phénomène, puisqu’il est tout à fait clandestin mais plusieurs plannings familiaux ont le sentiment qu’il est en augmentation.

À Rochefort notamment, on nous indique que les médecins interviennent de plus en plus régulièrement suite à des "avortements ratés" pratiqués à domicile.

Se faire avorter seule avec ces médicaments comporte en effet de sérieux risques de complications. "Les conséquences graves sont rares mais parfois, l’avortement peut échouer. La femme reste enceinte et en plus, il peut y avoir des risques de malformation du foetus. Il peut aussi rester des traces dans l’utérus, des saignements, voire une hémorragie, une douleur plus importante et des risques d’infection", détaille le docteur Pé.