Société Une nouvelle étude de Vias dresse un constat inquiétant pour les plus de 65 ans.

En cette journée internationale des seniors, l’institut Vias (ex-IBSR) s’est penché sur l’impact des accidents de la route à l’égard de cette catégorie de la population. La nouvelle analyse, dont nous obtenu copie en primeur, mène à plusieurs constats inquiétants sur l’impact des accidents sur ces plus de 65 ans.

À commencer par le nombre de seniors tués sur la route. Alors qu’il y a 25 ans, une personne sur six, décédée lors d’un accident avait plus de 65 ans, on est désormais à une personne tuée sur quatre. Si l’on s’en tient à ces dix dernières années uniquement, on constate une légère baisse mais nettement inférieure (trois fois moins) que pour toutes les autres victimes de la route.

"Autre constat : un senior tué ou blessé dans la circulation sur deux, l’est en tant que cycliste ou piéton. Chez les usagers d’âge moyen, entre 35 et 64 ans, ce chiffre ne s’élève qu’à un sur cinq", précise le porte-parole de Vias, Benoît Godart.

Le nombre de seniors cyclistes tués ou blessés a même augmenté de 26 % en dix ans. "Le vieillissement de la population et l’accroissement de la mobilité sont des facteurs qui influencent cette évolution défavorable. L’utilisation de plus en plus massive du vélo électrique explique certainement cette forte hausse", avance-t-on chez Vias.

Même tendance à la hausse, encore plus forte d’ailleurs, pour ce qui est des seniors blessés ou tués alors qu’ils se trouvaient sur une moto. Le nombre d’accidents de ce type a grimpé de 66 % ! Pour ce qui est des accidents en voiture en revanche, la part d’automobilistes parmi les seniors tués est inférieure à celle des victimes d’âge moyen.

De manière générale , les accidents impliquant les plus de 65 ans, sont deux fois plus graves. "Les tués et blessés graves représentent 9 % de toutes les victimes d’accidents de la route. Chez les seniors, ce pourcentage monte à 17 %. Cette vulnérabilité s’explique par leur santé plus fragile : un même accident aura des effets plus importants sur une personne de plus de 65 ans que sur un jeune", précise encore Benoît Godart.

De par leur âge, les seniors sont davantage impliqués dans certains types de collisions et sont plus en danger sur la route que dangereux pour les autres, comme vous pourrez le lire en détail ci-dessous.

Vous verrez également que cette nouvelle analyse de Vias, n’incite pas pour autant l’institut spécialisé dans la sécurité routière à réclamer un examen de conduite obligatoire pour les seniors.

© IPM


Ils font moins de victimes

Plus en danger sur la route que dangereux pour les autres. C’est la conclusion à laquelle arrive l’institut Vias en ce qui concerne les seniors au volant. "Chez eux, le risque d’accident dans lequel ils sont eux-mêmes victimes est accru. Pour les conducteurs de 75 ans ou plus, le risque est comparable à celui d’un conducteur débutatn, à savoir quatre fois plus élevé que le risque moyen", précise le porte-parole de Vias, Benoît Godart.

A la différence des jeunes conducteurs, les seniors par contre, provoquent moins de collisions impliquant d’autres blessés. "Le risque d’accident où quelqu’un d’autre est la victime est moitié moins élevé chez les conducteurs seniors".


Non à l’examen obligatoire à la conduite

Vias n’est pas favorable à ce dépistage non sélectif pour les seniors.

L’évolution défavorable détaillée ci-dessus des accidents de la route chez les plus de 65 ans, doit-elle mener un futur examen à la conduite obligatoire pour ces seniors ? La réponse est non pour l’institut Via (ex-IBSR), spécialisée dans la sécurité routière. "Ce n’est pas une bonne idée et cela peut même avoir un effet contre-productif sur plusieurs plans", estime le porte-parole de l’institut, Benoît Godart.

D’abord parce que chaque senior est différent. On peut être diminué physiquement dès l’âge de 60 ans et se révéler au contraire en pleine forme avec 15 ou 20 ans de plus. "Un dépistage non sélectif peut déboucher sur un comportement moins prudent pour celui qui aura été évalué positivement. Les médecins seront aussi moins enclins à respecter leur obligation d’intervenir en cas de présomption de baisse présumée de l’aptitude à conduire, parce qu’ils penseront que ce problème sera abordé lors du prochain contrôle. Et puis enfin, les seniors qui échoueront à ce test se verront dans l’obligation d’arrêter de conduire alors qu’ils n’auraient peut-être jamais eu d’accident", affirme-t-on chez Vias.

Plutôt que d’instaurer un tel examen, l’institut Vias dresse une liste de mesures à prendre afin d’améliorer la sécurité des seniors sur la route. À commencer par l’aménagement des trottoirs et l’équipement des chaussées de feux lumineux. "La traversée de la chaussée est le moment le plus dangereux pour les piétons seniors. Il est essentiel d’équiper autant que possible les passages de feux et d’adapter les phases de passage au rouge à la vitesse de marche des usagers plus âgés", assure Benoît Godart, ajoutant que la visibilité de certains carrefours est à revoir.

Enfin, en ce qui concerne les véhicules, Vias plaide en faveur d’équipements adaptés aux seniors, comme des rétroviseurs panoramiques supplémentaires, des systèmes de détection de l’angle mort ou encore des outils de navigation où les messages sont transmis oralement et progressivement au conducteur à l’approche des carrefours.


Plus de collisions latérales

Leur champ de vision étant diminué, les seniors ont plus de mal à garder une vue d’ensemble sur la route. Raison pour laquelle, selon Vias, ils sont davantage impliqués, que d’autres catégories d’âge, dans des collisions latérales. Dans quatre accidents sur dix précisément. Ils sont en revanche nettement moins victimes d’accidents contre un obstacle (arbre, poteau, etc). "Les accidents avec traversée de piétons et où le conducteur tourne à gauche sont également beaucoup plus courants chez les seniors que chez les usagers d’âge moyen", souligne encore Benoît Godart.