Société Selon le Journal de la Médecine, des Néerlandais habitant en Belgique mais travaillant aux Pays-Bas ont découvert une faille dans le système belge de sécurité sociale qui leur permet de faire soigner femme et enfants aux frais de l'assurance-maladie belge

BRUXELLES Une directive européenne prévoit que chacun doit être assuré socialement dans le pays où il travaille. Mais la loi belge stipule également que les personnes sans statut peuvent bénéficier, via une mutualité, d'un système spécial qui leur permet d'être couvert pour une prime très basse.

Nombre de Néerlandais vivant en Belgique près de la frontière mais travaillant dans leur pays d'origine, gagnent des salaires confortables, la plupart du temps supérieurs à 32.600 euros en base annuelle, ce qui les contraint à souscrire à une assurance-maladie particulière, sans oublier des polices supplémentaires pour leur conjoint et éventuellement les enfants.

Mais certains font enregistrer femme et enfants sur les registres nationaux belges en tant que personnes sans statut, ce qui entraîne leur inscription automatique au régime spécial de sécurité sociale. La prime à payer dans le cadre de ce système dépend des revenus de la personne. La plupart des personnes concernées ne travaillant pas, la prime est donc très basse.

Le filon semble juteux puisque certains des 17.000 Belges qui travaillent aux Pays-Bas auraient également recours à ce système et que certaines compagnies d'assurance néerlandaises vont même jusqu'à en faire la discrète promotion auprès de leurs clients, d'après le Bureau des Affaires belges de Breda (un bureau qui dépend de l'assurance-maladie néerlandaise).

Le ministre Rudy Demotte a été récemment interrogé à ce sujet en Commission des Affaires sociales de la Chambre. Il a indiqué qu'il tentait d'évaluer le phénomène.
Les statistiques indiquent que 163.023 personnes émargeaient l'année dernière au système spécial de sécurité sociale, soit près de 5.000 de plus que fin 2002.

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