Société David a commencé à courir durant son traitement. Il a repris le contrôle sur son corps et l’écoute davantage.

Un jour de septembre 2015, le ciel tombe sur la tête de David Marchetti. Ce Binchois apprend qu’il souffre d’un lymphome. C’était il y a trois ans. Il a subi un lourd traitement entre septembre 2015 et janvier 2016. Aujourd’hui, ce père de famille de 40 ans court des marathons. Il s’entraîne trois à quatre fois par semaine. Le spectre de la maladie est loin, même s’il faut attendre encore deux ans pour parler de guérison. Le sport a fait partie de sa rémission. Ce 25 novembre, il a terminé le marathon de Florence en 4 heures et 46 minutes, dans des conditions climatiques affreuses.

Il y a trois ans, il n’aurait jamais imaginé qu’il puisse être sportif à ce point. "Mon traitement m’a diminué physiquement, m’a envoyé au tapis", dit-il. "Mais je me suis rapidement mis au sport. À la marche d’abord, puis à la course à pied. Je m’y suis mis par hasard à la fin de mon traitement. J’étais à la maison. Les journées étaient longues. J’ai commencé par des promenades, j’ai progressivement allongé les distances. J’ai commencé à courir et alterner course à pied et marche. J’ai couru de plus en plus longtemps et des distances plus longues."

La reprise du sport n’était pas gagnée. Le traitement l’avait réellement mis K.-O. "Il y a des moments, sur la fin, où c’était pénible. J’étais lessivé. Je ne pouvais même plus soulever ma tasse de café aisément."

Lui qui avait fait du sport il y une dizaine d’années sans vraiment être assidu a accroché à la course à pied. Il ne pourrait plus concevoir sa vie sans ce sport qui lui permet de reprendre le contrôle sur son corps. "Jamais je n’aurais imaginé être si accro à la course à pied. Je voyais plutôt ça comme un passe-temps. Mais ça me fait du bien. J’en ai besoin. Je ne pense à rien, je me dépense. Le corps est une machine de guerre, une sacrée machine. J’ai appris à l’écouter. Je faisais ce que je pouvais, sans forcer. Et, aujourd’hui, je m’écoute plus qu’avant la maladie. En écoutant son corps, on peut faire des choses incroyables, qu’on ne pensait pas possibles."

Son alimentation a changé aussi. "J’ai commencé ma préparation pour le marathon en août dernier. J’ai perdu 10 kg en courant et en mangeant comme me le conseillait une nutritionniste."

Il rit lorsqu’on évoque la possibilité qu’il fasse un Iron Man, poussé par son goût pour la course et un nouveau challenge. "Ça fait rêver. Mais la nage me fait peur. Le vélo, pas du tout, la course, non plus… Pour le moment, courir est très bien. J’envisage de faire un marathon par an. Courir et faire un city-trip en même temps, c’est ce qui me plairait !"