Société Une entreprise américaine a réussi à produire de la viande à partir de cellules souches. C’est une première mondiale.

En 2013, le premier burger de bœuf artificiel était dégusté à Londres. Produite entièrement en laboratoire à partir de cellules souches de vaches, la pièce de viande pesait 142 grammes pour un prix total de 250.000 euros.

Aujourd’hui, des chercheurs américains parviennent à produire de la viande de poulet selon le même procédé. En effet, une entreprise de la Silicon Valley, Memphis Meats, a annoncé avoir produit de la viande de poulet et de canard artificielle issue de cellules souches de poulet. C’est une première mondiale. "Nous sommes très excités de présenter la première viande de volaille qui n’a pas nécessité d’élevage. C’est un moment historique dans la lutte pour une viande propre , a commenté Uma Valeti, cofondatrice et CEO de Memphis Meats. Les poulets et canards sont au centre de l’alimentation de nombreuses cultures dans le monde, mais la manière dont la volaille est élevée est problématique pour l’environnement, le bien-être animal et la santé humaine. Nous sommes convaincus que notre projet constitue une opportunité importante de transformer une industrie mondiale tout en contribuant à résoudre une des questions les plus urgentes de notre époque en matière de durabilité" , estime l’entreprise.

Les avantages environnementaux sont cependant contestés par plusieurs scientifiques. D’après Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l’Inra (Institut national de recherche egronomique), la création de viande en laboratoire n’aurait qu’un impact modéré pour réduire les gaz à effet de serre et la pollution par les nitrates, et un intérêt limité quant à l’utilisation des énergies fossiles.

Et en ce qui concerne le goût ? Un journaliste du Wall Street Journal a eu l’occasion de goûter la viande. D’après lui, la texture serait " plus spongieuse que pour une poitrine de poulet entière mais le goût battrait presque celui d’une variété traditionnelle" .

Memphis Meats travaille actuellement à une diminution de ses coûts de production et espère pouvoir commercialiser sa volaille de laboratoire à grande échelle dès 2021.