Société Il suffit d'un changement de phrase pour que le débat ait déchaîné les passions dans le monde catholique de France.

Bientôt, les catholiques de France ne diront plus : "ne nous soumets pas à la tentation" mais "ne nous laisse pas entrer en tentation". Cette nuance provient de longues réflexions sur la traduction réelle de cette prière.

En réalité, depuis 2013, cette formulation devait être suivie par les croyants. C'est en effet à l'été 2013 qu'est parue la première traduction intégrale en français de la Bible liturgique validée par le Vatican. Mais entre-temps, jamais la prière la plus célèbre du monde catholique n'avait été adaptée. Et c'est donc le missel (livre de messe) qui était suivi pour la prière.

Une nuance, cause de nombreux débats

Entre les conférences épiscopales francophones et la Congrégation pour le culte divin à Rome, des divergences existent sur cette adaptation. En réalité, d'après les évêques (et c'est ce qui les pousse à adapter la formulation), les deux versets ne veulent pas dire la même chose.

L'ancien, "ne nous soumets pas à la tentation", ferait penser aux fidèles que c'est Dieu lui-même qui les pousserait vers le mal. Dans la nouvelle formulation, "ne nous laisse pas entrer en tentation", Dieu jouerait plutôt le rôle de protecteur bienveillant qui sied mieux à ce que l'Eglise souhaite lui donner comme image.

Pour autant, ce changement n'est pas gagné tant il est ancré dans les esprits, même ceux des plus agnostiques. Le "Notre Père" est employé sous la même forme depuis... 1966.