Société

Une Villa Tinto à Liège ou à Bruxelles ? Le CDH condamne le “marché du sexe”

BRUXELLES Alors que fait rage le débat sur un possible Eros Center, à Liège, à Charleroi, voire aussi à Bruxelles ou à Seraing, à l’égal de l’anversoise Villa Tinto, des dames de la capitale se sont unies. Leur “non” à l’édification de complexes voués à la prostitution est du genre ferme. Et définitif…

“Mon objectif”, expliquait fin de semaine passée Céline Fremault (chef de groupe CDH au parlement bruxellois) “consiste à monter un lobby européen des femmes pour dire stop à la prostitution en Europe !”

Argument phare de la députée, très branchée égalité homme-femme ? L’abolition de la prostitution s’impose de par le non-respect de la dignité humaine qu’elle induit. Mercredi, l’humaniste avait invité une spécialiste suédoise (Gunilla Ekberg, avocate et ex-porte-parole du gouvernement) à faire part de son expérience.

Là-bas, l’achat de services sexuels est proscrit depuis 12 ans. Dans ce domaine, les Suédois ont devancé toute l’Europe. Résultats ? 3.787 hommes arrêtés et une réduction de moitié des péripatéticiennes.

Pas la situation de la fameuse Villa Tinto qui ferait fléchir les abolitionnistes, eux (des hommes ont rejoint le mouvement) qui notent que si le quartier anversois est devenu salubre, toxicomanie et traite d’êtres humains n’y ont pas été éradiqués. Et ce, bien que l’idée même d’un Eros center repose sur la volonté d’offrir des conditions de sécurité d’hygiène et de salubrité au plus vieux métier du monde…

Ces “maisons de passes communales”, (auxquelles, dit-on, Charles Picqué, le ministre-président PS de la Région n’est point favorable non plus) subissent aussi les foudres du Conseil des femmes francophones de Belgique qui condamne ce “marché du sexe”.



© La Dernière Heure 2011