Facebook au volant plus dangereux que l’alcool

Mathieu Ladevèze Publié le - Mis à jour le

Société

L’homologue anglais de l’IBSR publie la première étude sur l’usage du smartphone au volant

BRUXELLES Il s’agit d’une première mondiale. L’Institute of Advanced Motorists (IAM, Angleterre) vient de publier une étude sur les méfaits de l’usage du smartphone au volant. Relayée par l’IBSR dans son magazine Viasecura , l’étude a planté 28 jeunes hommes et femmes familiers de la route et de Facebook version smartphone dans un simulateur de conduite. Puis les a soumis à plusieurs exercices. Chaque cobaye devait envoyer des messages écrits, en lire, accepter un ami, mettre son Facebook à jour, etc.

Le tout au gré de configurations de conduite types : rouler sur autoroute à une vitesse donnée, route en 8, suivre un véhicule à distance stable, etc.

Les conclusions de l’étude saisissent : globalement, l’usage de son smartphone au volant s’avère être plus dangereux que de conduire saoul (jusqu’à un certain degré d’alcoolémie, certes) ou sous l’influence du cannabis (voir infographie). Ainsi :

1Les temps de réaction sont ralentis d’environ 38 % en moyenne et les participants ont souvent manqué des événements importants. Et même quand le danger a été repéré, la capacité du conducteur tournait au ralenti.

2Les participants étaient incapables de maintenir une position fixe sur l’allée centrale, comme demandé pendant la simulation.

3Ils ont passé entre 40 et 60 % de leur temps à regarder vers leur smartphone au lieu des 10 % habituels.

4Ils étaient incapables, également, de réagir suffisamment rapidement lorsqu’un véhicule freinait sèchement juste devant eux.

Plus largement, l’usage du smartphone génère trois types de distractions. Cognitive : le conducteur se concentre sur ce qu’il fait avec son smartphone et plus sur sa conduite.

Physique : il tient son téléphone en main. Et visuelle : il passe son temps à regarder son smartphone au lieu de la route.

“Lorsque l’on compare ces résultats avec la littérature scientifique sur le sujet, on constate que le niveau de dépréciation de la conduite est supérieur lorsque l’on s’amuse à surfer sur son smartphone au volant que si l’on roule sous l’effet de l’alcool ou du cannabis” , conclut l’étude. “Cette recherche montre à quel point l’usage de son smartphone au volant est dangereux et à quel point cette pratique est courante.”

De fait, toujours dans le cadre de cette étude, un Anglais âgé de 18 à 24 ans sur quatre reconnaît lire ses e-mails ou surfer sur un réseau social en roulant. Et un sur cinq utilise d’autres applications mobiles, toujours au volant.

“Aujourd’hui, les jeunes grandissent avec un smartphone dans les mains. Leur usage fait partie de leur vie quotidienne. C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics doivent absolument les sensibiliser sur la dangerosité de leur usage au volant.” L’avertissement vaut bien évidemment aussi pour la Belgique.



© La Dernière Heure 2012
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