Société La pratique serait responsable de 6 à 8% des nouvelles infections

BRUXELLES Fin juin, nous dévoilions les conclusions inquiétantes d'un rapport réalisé par l'Institut scientifique de la santé publique (ISP), qui mettait en évidence `une augmentation très claire du nombre de cas de syphilis active au cours du second semestre 2000 et des premiers mois de 2001´. Tout en ajoutant que `des informations cliniques sont nécessaires pour confirmer cette tendance et réfléchir sur ses causes´. Sur ce dernier point, une série d'articles, récemment publiés par le journal Sexually transmitted infections apportent un éclairage intéressant.
Premier constat, cerné depuis déjà un bout de temps: les mesures de prévention face aux maladies sexuellement transmissibles - sida en tête - connaissent un net relâchement, singulièrement au sein de la communauté homosexuelle, mais aussi chez les hétérosexuels (les dernières statistiques sur le sida en Belgique le soulignent clairement). Ce phénomène s'explique par le fait que le sida fait beaucoup moins peur qu'il y a quelques années. L'introduction de nouveaux médicaments, sensiblement plus efficaces, est pour beaucoup dans cette situation.
Deux: un lien, qui doit être affiné, est établi entre le sida et les autres MST, notamment la syphilis. Il est connu que la transmission du virus est largement facilitée par les ulcérations - autant de portes d'entrée vers le flux sanguin - provoquées par les MST.

Ulcérations génitales, anales, mais aussi buccales. Ce qui repose toute la question de la sécurité des relations bucco-génitales. Si les risques sont quasi inexistants pour le cunnilingus, il n'en va pas de même concernant la fellation.
Les données fournies par Sexually transmitted infections indiquent que cette pratique serait responsable de 6 à 8% des nouvelles infections par le HIV; en sachant, aussi, que la sexualité orale représente un mode de contamination privilégié pour la syphilis. Or, il apparaît que les lésions syphilitiques facilitent le passage du HIV dans l'organisme; et que les deux maladies - syphilis et sida - gagnent en puissance lorsqu'elles sont combinées.
Ces éléments semblent donc souligner une interaction entre ces redoutables infections. Et appellent à la prudence lors des relations bucco-génitales.