Société Près de 70 personnes se sont inscrites au premier master belge en cybersécurité. Un premier étudiant vient d’obtenir son diplôme.

"On est ravi ! Près de 70 étudiants pour un domaine aussi pointu que la cybersécurité, ce n’est pas rien ! La moitié d’entre eux entament leur deuxième année et vont bientôt travailler sur leur mémoire. On a déjà eu un premier diplômé !", se félicite Yves Roggeman, professeur en sécurité informatique à l’ULB. Lancé en Fédération Wallonie-Bruxelles à la rentrée 2016-2017, le tout premier master en cybersécurité rencontre un réel succès.

Contribuant par des mises à disposition de locaux informatiques dernier cri et en fournissant des enseignants, considérés parfois comme des sommités mondiales dans leur domaine, l’ULB, l’UCL, l’UNamur, l’École royale militaire, l’HEB et l’HELB collaborent, depuis l’an dernier, dans la mise en place d’un master en cybersécurité. "C’est une matière extrêmement complexe, mais aujourd’hui indispensable. Il s’agit de protéger des données informatiques et des réseaux. Tout le monde peut être visé, entreprises comme particuliers. Aujourd’hui, il n’y a pas assez de prise de conscience de la part des autorités et des entreprises du besoin de se protéger", explique Yves Roggeman.

La grande majorité des cours sont donnés en anglais à Bruxelles. Pour certains, le matériel informatique de l’École royale militaire est suffisant. "Il y a un screening particulier qui est fait concernant les étudiants. Pour parvenir à déjouer les attaques, les étudiants apprennent comment les constituer. Bref, c’est comme si on armait quelqu’un. On ne le fait pas avec n’importe qui ! Mais l’enseignement reste libre et il faut juste avoir les diplômes pour être accepté", indique Yves Roggeman.

Si la durée normale du master est de deux ans, elle peut se réduire à un an pour certains étudiants particulièrement expérimentés ou disposant d’une solide formation de base. C’est ainsi que Pierre (prénom d’emprunt), 24 ans, vient tout juste de venir le premier diplômé en cybersécurité. "Ce qui était très intéressant, c’était qu’il y a à la fois du pratique et du théorique. On a eu des débats sur les mesures à prendre en termes de sécurité dans le secteur et puis, il y avait ces exercices pour essayer de débusquer les failles dans des systèmes informatiques. Il fallait essayer de penser différemment que les autres", explique Pierre.

Si le premier diplômé en cybersécurité du pays penche pour une carrière dans le secteur privé, d’autres étudiants visent le secteur public. "Certains veulent plus tard travailler pour la Défense ou la Sûreté de l’État. La majorité a moins de 30 ans", ajoute-t-il.

Jean-Claude Marcourt (PS) ministre de l’Enseignement supérieur: "Un master rare en Europe"

"Le nouveau master en cybersécurité lancé l’année académique passée répond à un besoin souvent exprimé par les milieux économiques. Unique en Belgique et rare en Europe, il a pu être développé grâce à la collaboration entre six de nos établissements d’enseignement supérieur, universités et hautes écoles. Le meilleur a été cherché chez chacun et mis à la disposition des étudiants."