Société En 2016, 113 personnes ont donné une partie de leur foie ou un rein, contre 90 en 2015.

En Belgique, 1.250 Belges sont inscrits sur des listes d’attente. Ils espèrent être contactés à tout moment pour être transplantés et recevoir un organe sain qui leur permettrait de vivre en toute sérénité. 117 d’entre eux prient pour recevoir un cœur en parfait état, 122 attendent des poumons, 174 espèrent un foie. Pour 797 Belges, une greffe de rein est nécessaire. 40 pancréas sont attendus impatiemment également. C’est une question de vie ou de mort.

Les donneurs potentiels sont des personnes décédées. Quand cela est possible, comme pour le foie et le rein, une personne peut donner l’organe de son vivant. Pour une question d’éthique, ce sont des membres de la famille compatibles (après moult examens) qui donnent une partie d’eux-mêmes à la personne qu’ils aiment.

Et cette tendance est à la hausse. "Le nombre de donneurs vivants est en augmentation", constate la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block. En réponse à une question du député MR Gautier Calomne, elle précise que l’an dernier 67 dons de foie et 46 donneurs de rein ont été recensés. C’est 23 de plus qu’en 2015 (90 donneurs vivants.)

Pour le député MR, "chaque cas est un cas de trop !" Il poursuit : "Il faut aussi poursuivre l’action de sensibilisation du grand public sur ce sujet fondamental. Dans ce cadre, une action collective, de tous les niveaux de pouvoir, est nécessaire. Plus spécifiquement, il est important de s’appuyer sur les communes, au niveau le plus proche des citoyens, pour agir auprès de ceux-ci."

Il salue "l’adoption prochaine d’un arrêté royal qui vise à faciliter davantage le don d’organes, via l’exonération du donneur du ticket modérateur."

Greffée du foie, en attente d’un rein

Comme 796 Belges, Léa, 4 ans, est sur une liste d’attente. La fillette au large sourire et aux fossettes craquantes attend un rein depuis deux ans et demi. Elle fait de nombreuses dialyses en attendant l’organe qui lui donnera les clés de la liberté. "Je ne suis pas compatible, malheureusement", nous explique Julie Van Nieuwerburgh, sa mère. "Son père, Christopher, non plus. Nous attendons les résultats des analyses faites sur les grands-parents. Mais nous n’osons pas trop espérer. Elle est toujours sur liste d’attente, on peut être rappelé n’importe quand pour la transplantation."

Haute comme trois pommes, la petite fille a déjà un parcours médical lourd. "Léa est née avec une cirrhose du foie", se souvient Julie Van Nieuwerburgh. "Nous l’avons découvert quand elle avait trois mois. Malgré les soins, son état ne s’améliorait pas, engageant son pronostic vital. Il lui fallait une greffe de foie au plus vite. Elle a été mise sur une liste d’attente en super urgence. Son père et moi avons choisi de nous soumettre à des tests pour voir si nous étions compatibles. Christopher l’était, malgré un groupe sanguin différent. Nous savions que ça allait la sauver, nous n’avons pas douté de notre engagement une seule fois."

L’opération a "duré six heures", se souvient la maman. "Il est resté une bonne semaine à l’hôpital puis a été obligé d’arrêter de travailler pendant trois mois. Ce n’est pas rien. C’était une lourde opération."

Pleins d’espoir, encouragés par le sourire de Léa, ses parents ont monté l’ASBL Tous ensemble pour Léa. "Si on peut sensibiliser ne fut-ce qu’une personne de l’importance du don d’organes, on a gagné", ajoute la maman.