Société

Xavier Van Der Stappen veut la commercialiser puis aller… à Pékin

BRUXELLES “C’est un avion ?” Les enfants d’Afrique de l’Ouest prenaient le drôle de véhicule de Xavier Van Der Stappen pour plus fou encore qu’il ne l’est en réalité. L’aventurier confie que la légère déception de ces enfants était rapidement atténuée devant ce prototype roulant à l’énergie… solaire.

“Il était temps de montrer l’exemple” , affirme, sûr de son action, Xavier Van Der Stappen. Ethnographe de formation, il a enfourché son bolide électrique – “il peut monter jusqu’à 80 km/h” – pour un défi impressionnant : relier, entre décembre 2009 et juin 2010, Copenhague et Le Cap.

Relier le lieu de la conférence mondiale sur le climat et le pays où se déroulait la Coupe du Monde avec un but en tête : “Prouver que l’on peut se déplacer autrement, plus proprement. Ce n’est pas une utopie. Des voitures d’un autre type existent, fonctionnent et sont capables de grands voyages.” Pari réussi.

Pour son Cop to Cap , 13.000 km ont été effectués ainsi que, “malheureusement, pour des raisons de délai” , quelques-uns avec l’aide de transport polluant. “Nous souhaitions informer et sensibiliser dans les pays que nous traversions, cela a pris du temps.” Les expositions répétées ont fini par ralentir le périple. “Mais c’en était la partie la plus enrichissante” , assure celui qui était accompagné par Vincent Pirard, qui le suivait depuis son 4x4 fonctionnant uniquement à l’huile… Tout type d’huile (“de vidange, végétale…” ).

Xavier Van Der Stappen, lui, traçait la route dans son proto que poussaient deux jeux de batteries électriques : l’un faisant office de moteur pendant que l’autre se rechargeait au soleil et à la lumière. Il voudrait maintenant commercialiser un type de véhicule proche.

“Il se nomme I-Care. Sa base, c’est un triple 3 : 3 roues, 3 passagers possibles et 300 km d’autonomie.” Le véhicule, lui aussi mû par l’énergie solaire, devrait être sur le marché dès l’an prochain, “car je veux repartir dans moins d’un an”, sourit-il. En vue : 26.000 km jusque Pékin.

Le prix d’I-Care serait élevé mais compensé par le faible coût du carburant. Ses calculs sont formels, il en coûterait 70 à 80 €… l’an ! Il en est sûr – c’est sa devise : “On vit une époque formidable, car tout est à refaire” .



© La Dernière Heure 2010