L’écart hommes-femmes se resserre… un peu

Ch. C. Publié le - Mis à jour le

Société

La différence s’est resserrée de 1 %, mais sans réel bonus pour les femmes...

BRUXELLLES Bonne nouvelle : l’écart de salaires entre hommes et femmes s’est resserré, en 2011. Mais mauvaise nouvelle : ce n’est pas parce que celui des femmes a progressé, mais parce que plus d’hommes ont perdu leur emploi – provisoirement ou définitivement – à cause de la crise.

C’est le douloureux constat posé ce mardi par la FGTB, à l’occasion de sa septième campagne annuelle sur l’égalité salariale en Belgique. Théoriquement imposée par la loi, qui interdit de payer moins une femme qu’un homme pour le même travail, cette égalité n’est encore que de façade.

Les chiffres fournis par le syndicat socialiste parlent d’eux-mêmes : dans le privé, l’écart reste de 22 %, contre 23 % en 2010. Mais c’est dû au fait “que beaucoup d’hommes, surtout dans l’industrie, ont connu le chômage ou le chômage économique pendant la crise” .

L’Onem ne dit pas l’inverse : au plus fort de la crise, on a dénombré 15,7 millions de jours de chômage économique pour les hommes, contre 3,1 millions pour les femmes.

À cela s’ajoute l’obligation pour un nombre important de celles-ci d’aménager leur temps de travail afin de pouvoir faire face aux obligations familiales.

En 2010, elles ont ainsi été 179.471 à demander à bénéficier de pareilles facilités pour mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. La même année, 86.729 hommes émettaient une demande similaire.

La FGTB en profite pour rappeler que moins de trois enfants sur dix peuvent espérer trouver une place d’accueil, en Communauté française. Qui plus est, les femmes consacrent en moyenne 23 heures par semaine aux tâches ménagères, contre 13 heures pour les hommes.

De même, 22 % des femmes ayant des enfants de moins de 15 ans prennent des congés sans solde pendant les vacances scolaires afin de pouvoir s’en occuper, contre 13 % d’hommes.

Plus triste, en janvier dernier, 45.747 femmes étaient en congé parental pour soins palliatifs ou assistance médicale à un enfant, contre 16.744 hommes. Et, plus globalement, 19 % des femmes citent la prise en charge d’un proche pour expliquer leur temps partiel subi.

L’égalité est encore loin…



© La Dernière Heure 2012
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