Société

Le nombre de contaminés et de décès est en baisse, mais des investissements seront nécessaires pour éradiquer la maladie et empêcher que les personnes atteintes en meurent

BRUXELLES En 1988, l’Assemblée générale de l’Onu a exprimé sa vive préoccupation devant la pandémie de sida. Notant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait choisi la date du 1er décembre 1988 comme Journée mondiale du sida, l’Assemblée a souligné l’importance de cette manifestation par le biais d’une résolution.

Aujourd’hui, plus de 34 millions de personnes vivent avec le virus du sida.

Pour autant, Onusida se réjouit d’un meilleur accès au traitement qui a contribué à réduire le nombre de décès et nourrit l’espoir d’une possible fin de la pandémie.

“Nous sommes à l’aube d’une avancée significative dans la riposte au sida”, se félicite Michel Sidibé, directeur exécutif d’Onusida. “Le nombre de personnes vivant avec le VIH (virus du sida) n’a jamais été aussi important, principalement en raison d’un meilleur accès aux traitements”, indiquent les experts de l’Onu dans le rapport publié la semaine dernière.

Aujourd’hui, près de 50 % des séropositifs ont accès à un traitement, ce qui a sauvé la vie à 700.000 personnes pour la seule année 2010. Autre progrès, en 2010, le nombre de nouvelles infections a atteint son niveau le plus bas depuis 1997, avec 2,7 millions de nouvelles infections (dont 390.000 chez des enfants), soit un recul de 21 % par rapport au pic de 1997.

“Il y a quelques années seulement, il paraissait fantaisiste d’annoncer la fin de l’épidémie de sida à court terme, mais la science, l’appui politique et la riposte communautaire commencent à produire des résultats tangibles et certains”, a relevé M. Sidibé.

En 2010, 1,8 million de personnes sont décédées des suites du sida, un recul également par rapport au pic de 2,2 millions de morts enregistré au milieu des années 2000. Onusida reconnaît que “l’épidémie de sida n’est pas encore terminée, mais la perspective de sa fin pourrait se rapprocher à condition que les pays investissent intelligemment”.

Au cours des cinq prochaines années, des investissements judicieux peuvent aider à faire progresser la lutte contre le sida vers l’objectif “zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès lié au sida”, espère Onusida. En 2010, le sida continue à toucher majoritairement le continent africain où vivent 68 % des personnes touchées dans le monde par le sida. Dans cette région, 5 % des adultes vivent avec la maladie, alors qu’ailleurs dans le monde, ce taux est inférieur à 1 %.

Par ailleurs, le pourcentage des femmes touchées par le sida reste stable avec un taux de 50 % dans le monde, “bien qu’elles soient plus touchées en Afrique subsaharienne (59 %) et dans les Caraïbes (53 %)”, indique le rapport. Le nombre de nouvelles personnes infectées baisse dans 33 pays, dont 22 situés en Afrique subsaharienne, région la plus touchée par l’épidémie.

“Les plus mauvais scores continuent d’être enregistrés en Afrique australe, l’Afrique du Sud comptant plus de personnes vivant avec la maladie (5,6 millions) que tout autre pays du monde.” Les Caraïbes sont la deuxième région du monde la plus touchée par la pandémie avec 200.000 personnes vivant avec le sida dans cette région, ce qui représente 0,9 % des adultes.

L’Europe de l’Est est aussi une région avec un taux de 0,9 % d’adultes touchés par la maladie, soit 1,5 million de séropositifs et 90.000 décès en 2010. Le rapport souligne encore que l’épidémie reste “obstinément stable” en Amérique du Nord et en Europe, “malgré l’accès universel au traitement, aux soins et au soutien”.

Dans cette région, 2,2 millions de personnes vivent avec le sida, dont plus de la moitié aux États-Unis. Les traitements dans cette région ont fait diminuer la mortalité liée à la maladie. Ainsi, le nombre de morts est resté stable (30.000 en 2010) par rapport à 2001, alors que le nombre de séropositifs a augmenté de 30 %. En 2010, 0,8 % des adultes étaient porteurs du virus du sida dans le monde, soit 0,8 % des adultes en moyenne. C’est le même taux qu’en 2001. Le rapport relève également que les “tendances sont nettement encourageantes parmi les jeunes de nombreux pays où le VIH est très présent”.

© La Dernière Heure 2011