Société Une majorité des étudiants de l'Athénée royal s'est mobilisée contre l'interdiction des signes discriminatoires

GILLY Le mouvement est né quasiment spontanément. Hier matin, des centaines d'étudiants de l'Athénée royal de Gilly se sont rassemblés dans la cour et aux abords de leur école. Au plus fort de l'action, ils étaient environ 300 rassemblés à l'extérieur et dans l'enceinte de l'établissement. Ils ont ainsi souhaité protester contre un nouveau règlement d'ordre intérieur voté la veille et qui prévoit, dans sa version en cours de modification, l'interdiction du port de vêtements et de signes discriminatoires relevant de principes religieux, philosophiques et politiques. «Nous ne voulons pas de scandale! Nous réclamons le droit à la liberté d'expression. Ça fait trois ans qu'ils discutent de ça et nous n'avons jamais été consultés. Il a fallu refuser de rentrer en classe pour pouvoir discuter de ça avec la direction», explique Zaynab, instituée porte-parole des contestataires. La nouvelle mouture du règlement prévoit d'interdire le port de «vêtements et de signes discriminatoires relevant de principes religieux, philosophiques ou politiques». Invitée à en débattre jeudi soir, l'assemblée générale s'est prononcée à 88% en faveur de cette nouvelle réglementation.

Hier matin, quelques contestataires ont obtenu un rendez-vous avec la direction de l'établissement. Cette rencontre a donné lieu à un échange d'arguments. Mais dans les rangs des étudiants, on est bien conscient que la décision de jeudi est irrévocable. «Ce que nous dénonçons également à travers cette manifestation, c'est que notre droit à la parole a été bafoué. C'est à l'école qu'il faut éduquer à la tolérance, c'est à l'école que nous devons être confrontés à la différence pour mieux la respecter par la suite», commente encore Zaynab.

Le texte du nouveau règlement d'ordre intérieur doit encore être soumis pour approbation au conseil de participation, qui est composé de professeurs, d'éducateurs, de représentants des parents et des élèves, avant d'être mis en application à la rentrée prochaine. D'autres établissements carolos comme le lycée Vauban ont également récemment adopté ce type de règlement.

© La Dernière Heure 2005