Société Attaqué sur son ancien monopole, l'opérateur a trouvé le moyen de répliquer grâce à la télé

BRUXELLES C'est la réponse du berger à la bergère. Avec la libération des télécoms, Belgacom est depuis plusieurs années soumis aux tirs nourris de la concurrence. Et ses parts de marché en téléphonie fixe sont désormais en baisse. En se lançant dans la télé, l'opérateur semble avoir trouvé la parade. En effet, pour capter Belgacom TV, il faut d'office posséder l'ADSL Belgacom, ce qui exclut les autres opérateurs Internet. «En offrant la télévision en plus, nous comptons augmenter notre part de marché sur Internet», reconnaît ainsi le patron de Belgacom, Didier Bellens. «Alors que la téléphonie fixe n'augmente plus, on a trouvé ici un projet de croissance.»

Reste que la concurrence sera rude. Ainsi, en Flandre, Telenet (1,6 million d'abonnés) a déjà annoncé également le lancement de sa propre offre de télévision numérique qui, à l'instar de celle de Belgacom, proposera, à côté des chaînes de télévision classiques, toute une série de services comme les films à la demande ou la possibilité d'enregistrer un programme sans avoir besoin de magnétoscope. «C'est la première fois qu'on est dans une situation de challenger», avoue Didier Bellens, qui s'y connaît cependant en télé puisqu'il a été pendant des années le patron de RTL Group.

Reste qu'il y a un vrai potentiel. Si la Belgique a souvent été en avance en matière de télévision, en étant le pays le plus câblé au monde avec 94% de foyers reliés à la télédistribution, notre petit royaume a par contre pris depuis du retard en matière de télévision numérique, avec seulement 5% de taux de pénétration contre 18% en moyenne dans le reste de l'Europe. Et le constat est le même pour la télé à péage. Autant dire qu'il y a tout un marché à conquérir. Mais le public belge, déjà abreuvé de chaînes, suivra-t-il?

© La Dernière Heure 2005