Société Une campagne massive d’extermination de chiens et chats errants a été lancée en Russie en vue du mondial de football.

Tuer des êtres vivants au nom du jeu, c’est malheureusement toujours d’actualité… Pour la deuxième fois, la Russie a en effet lancé une campagne d’extermination de chiens et chats errants pour que ces derniers ne viennent pas nuire à l’image des 11 villes qui accueillent la Coupe du monde. Lors des Jeux Olympiques de Sotchi, il en avait déjà été de même. Les chiens errants étaient tués à coups de fléchettes empoisonnées qui les faisaient mourir après une lente et douloureuse agonie. Et malgré la polémique que cette action avait suscitée dans le monde entier, l’histoire se répète…

Officiellement, le gouvernement russe a demandé la création de refuges temporaires pour les animaux errants. Le ministre des Sports souhaite "éviter toute mesure qui pourrait avoir un écho négatif dans les médias et être apparentée à de la cruauté envers les animaux." Mais les défenseurs des animaux ne sont pas dupes : les chiens capturés sont immédiatement tués. "Les autorités locales et les services techniques des villes sont persuadés que ces animaux vont indisposer les sportifs et les supporters, que ces animaux sapent l’attractivité touristique des villes", peut-on lire sur la page de la communauté Bloody Fifa 2018.

1,4 millions d’euros

D’après Ekaterina Dmitrieva, présidente de la Fondation pour la défense des animaux à Moscou, l’éradication des chiens et chats errants coûterait plus de 100 millions de roubles (1.4 millions d’euros) aux régions qui accueillent la Coupe du monde. "Avec cet argent, on pourrait financer la stérilisation des chiens, leur vaccination et leur hébergement, mais ils préfèrent tuer." Bienvenue dans le monde cruel de l’appât du gain. Ainsi, la ville de Saint-Pétersbourg missionnerait des "chasseurs de chiens" qui toucheraient des primes en fonction du nombre d’animaux tués. "Il n’aurait pas fallu plus de 5 ou 6 ans pour régler le problème des animaux errants dans tout le pays, mais cela ne sert pas leurs intérêts", poursuit Ekaterina Dmitrieva. "Il leur faut de nouveaux chiots pour continuer les tueries, pour lesquelles ils reçoivent de l’argent public. De plus, les chiens domestiques en sont également victimes, attrapés pour faire du chiffre et toucher les primes."

La réponse de la Fifa à tout ça ? "Nous avons reçu beaucoup de lettres, mais nous avons tant de choses à faire que nous en prenons note sans pour autant pouvoir vous aider. Il faut nous comprendre, désolés." D’où des appels au boycott et une pétition ont été lancés afin que la Coupe du monde n’ait pas lieu en Russie, mais dans "un pays où les animaux ont des droits, ou au moins le droit de vivre."