Société La ferveur populaire de la Marche blanche n'est plus aussi présente

BRUXELLES Après l'enlèvement de Julie et Mélissa, les parents ont déployé une énergie considérable pour que leur dossier ne tombe pas aux oubliettes. Ils ont été suivis dès le début dans leur démarche par un certain nombre de personnes.
Mais cela n'a rien de comparable avec la ferveur populaire qui s'est développée après que les corps de Julie et Mélissa, ceux d'An et Eefje et celui de Loubna eurent été retrouvés.
Cette ferveur a culminé le 20 octobre 1996 avec la Marche blanche qui a rassemblé dans les rues de Bruxelles près de 350.000 personnes n'arborant aucune couleur politique ou appartenance religieuse et faisant fi de tout clivage social ou idéologique. Du jamais vu en Belgique!
Derrière cette émanation la plus visible d'une lame de fond qui a secoué le pays, d'autres initiatives ont vu le jour suite au drame d'août 1996. Certes, des comités blancs se sont créés un peu partout en Belgique et ont donné lieu à des actions locales d'envergures diverses. Un journal blanc a également vu le jour. Mais d'un point de vue plus durable, que reste-t-il de ces initiatives?
La plus active, mais qui s'est faite plus discrète au fil du temps, est probablement l'asbl Julie et Mélissa, n'oubliez pas´ qui notamment édite un trimestriel d'information et qui joue à l'occasion l'interface entre les enfants victimes et le délégué général aux Droits de l'enfant.
Pol Marchal, le père d'An, a quant à lui créé à Hasselt l'asbl la Maison d'An destinée à sensibiliser l'opinion publique sur la problématique des enfants disparus et de la pédophilie.
L'aide et la prévention semblent donc être des rôles qui conviennent mieux à ces asbl que l'action politique. On se souviendra en effet qu'en son temps, les Russo avaient été courtisés par le parti Ecolo, mais surtout que Pol Marchal avait lancé le Parti pour une nouvelle politique en Belgique (PNPb). Ce parti à qui certains prévoyaient un raz de marée électoral a finalement été déchiré par les dissensions internes et n'a pas eu le succès électoral escompté lors des dernières élections législatives.
Après la Marche blanche, le mouvement blanc s'est donc fait tout doucement de plus en plus discret, mais cela n'empêche pas les gens qui en font partie de continuer à se battre au quotidien pour leurs idées.