Société C’est le message délivré par l’Association Pharmaceutique belge à l’occasion de la semaine de la migraine.

"Quand j’ai une crise de migraine, c’est comme si j’avais un troupeau d’éléphants dans la tête. Ce n’est pas un simple mal de tête, c’est vraiment très douloureux. J’ai dû m’absenter à cause de crises. Elles ont aussi un impact sur ma vie sociale", décrit Juliette, qui souffre de migraines régulières depuis trois ans.

Pour la jeune femme, comme pour de nombreux autres patients, la maladie est un tabou difficile à briser dans notre société et plus particulièrement au travail.

L’Organisation Mondiale de la Santé place la migraine à la sixième place sur sa liste des maladies qui ont un impact de longue durée sur la vie des patients, devant le diabète et les troubles anxieux. Pourtant, de nombreux malades et médecins s’accordent pour dire qu’elle n’est pas assez reconnue, surtout sur le lieu de travail.

La semaine de la migraine, qui se tiendra du 15 au 20 mai, entend briser le silence.

"Il faut pouvoir en parler sur son lieu de travail. C’est la seule façon de faire diminuer l’incompréhension. En tant que CEO, je ne peux pas accepter que des collaborateurs doivent cacher quand ils ont une crise ou qu’ils en aient honte. Je sais mieux que personne quel est l’impact de la migraine sur la vie de tous les jours", témoigne Mimi Lamote, directrice d’une entreprise et victime de migraines.

D’après une étude de GfK, un tiers des patients pensent que leurs collègues ne se montrent pas compréhensifs, et la moitié estiment que leur maladie est mal vue dans le monde du travail. Quelque 38% des malades cachent leurs migraines au travail pour cette raison, tandis qu’un quart d’entre eux en viennent même à se sentir coupables pendant une crise.

Plus grave encore, seuls 20 % des patients disposent d’un traitement adéquat et 44 % n’ont même jamais consulté.

Des chiffres interpelants quand on sait que la migraine est une cause importante d’absentéisme et de présentéisme."Le présentéisme, qui a des conséquences négatives sur le plan économique pourrait être réduit si on faisait tomber le masque", estime le docteur Gianni Franco, neurologue au CHU UCL Dinant.