Société De plus en plus fréquents, les épisodes de canicule causent la mort de nombreux animaux marins

Il n’y a pas que sur la terre ferme que les épisodes de canicule se font sentir : les mers et océans ne sont pas épargnés par ces périodes de fortes chaleurs. Et selon une étude publiée dans la revue scientifique Nature, sous l’effet du changement climatique, les épisodes de canicule marine vont se multiplier, menaçant les écosystèmes marins et l’homme.

Les chercheurs comparent la situation d’aujourd’hui où la température a déjà augmenté de 1°C par rapport à l’époque pré-industrielle, avec un futur à +2°C qui correspond à l’objectif minimal de l’accord de Paris sur le climat, et enfin une planète à +3,5°C d’ici 2100 si le monde continue sur sa lancée en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

Les zones les plus touchées devraient être les eaux tropicales du Pacifique Ouest et l’océan Arctique, comme c’est déjà le cas. Si les effets des canicules terrestres sont connus, les réponses possibles des écosystèmes marins aux changements de températures le sont beaucoup moins et leur capacité de résistance et d’adaptation sont ainsi difficiles à prévoir. Mais les chercheurs craignent malgré tout des conséquences dramatiques pour la vie marine et les hommes qui en dépendent.

Les organismes marins et les écosystèmes risquent d’être poussés "aux limites de leur résistance, et même au-delà, ce qui pourrait provoquer des changements irréversibles", s’inquiètent-ils.

Des recherches sur des événements récents ont aussi montré que ces vagues de chaleur marines ont entraîné des floraisons d’algues toxiques ou une mortalité importante d’espèces de poissons destinés à l’alimentation, "avec des impacts en cascade sur les économies et les sociétés", souligne l’étude.

Par exemple, une vague de chaleur en 2013-2015 dans le Pacifique a "augmenté la mortalité des otaries, des baleines et des oiseaux marins", et une prolifération de diatomées (algues) toxiques a conduit à la fermeture de la pêche au crabe sur certaines côtes, raconte Thomas Frölicher, l’un des chercheurs.

En 2012, dans le nord-ouest de l’Atlantique, des eaux anormalement chaudes ont provoqué une migration inhabituellement précoce des homards "à un moment où la chaîne logistique (pour leur vente) n’était pas prête", poursuit le chercheur. "Les prises record ont dépassé la demande et contribué à la chute des prix et à la perte de millions de dollars pour l’industrie de la pêche."