Société

BRUXELLES Au parquet de Bruxelles, l'absentéisme n'est pas pris à la légère. "Il ne faut pas faire d'amalgame. Tous les jeunes en décrochage scolaire ne finissent pas délinquants. Par contre, les délinquants, pour la plupart, ont commencé par des absences injustifiées à l'école", explique un magistrat de référence.

"Tous les dossiers arrivent chez nous. Nous essayons de trouver des services d'appui de première ligne. Ce n'est qu'en bout de course que le jeune peut effectivement être mis à notre disposition".

Pour le magistrat, le décrochage scolaire a dans la majorité des cas une raison simple : "Le jeune ne se retrouve pas dans sa scolarité."

Cela peut aller de la mauvaise orientation à l'incompréhension des cours techniques alors que le jeune est plus manuel et serait plus adapté à des cours pratiques... "Il y a également les jeunes qui ont des phobies scolaires, mais là, il s'agit d'un trouble psychologique qui nécessite une prise en charge médicale".

Et puis, il y a les parents... "Dans certaines familles, dans certains milieux, il n'y a pas la culture scolaire. Les parents eux-mêmes n'ont pas été à l'école. Ils ne comprennent pas pourquoi il est important pour leurs enfants d'y aller".

Et malgré les signaux d'alerte, ils ne réagissent pas. "Ils ne savent pas lire - ou ne comprennent pas le français - les courriers envoyés par l'école et ne réagissent pas". Ces parents seront eux aussi amenés à rencontrer les magistrats du parquet. "Et cela peut aller jusqu'à une condamnation par le tribunal !"



© La Dernière Heure 2009