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Prévention, précautions et bon sens sont aussi de rigueur

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BRUXELLES Les transgenres (NdlR : personnes qui ne s’identifient pas au rôle social assigné, de façon culturelle, à leur sexe) existent en Belgique. Ils aimeraient “revoir la loi sur la transsexualité, revoir un moratoire pour les assignations sexuelles pratiquées sur les enfants intersexués (NdlR : nouveau mot pour désigner les personnes hermaphrodites) et allonger le délai de la déclaration à l’état civil”.

“Transgenre est un terme général qui désigne l’identité de genre pas attendu. Il englobe plusieurs types : les androgynes, les intersexués, les transsexuels…, explique Londé Ngosso, un des trois membres créateurs et responsables de l’ASBL Genres Pluriel. Certaines personnes vont jusqu’à l’opération pour changer de sexe.”

Londé continue : “Il faut distinguer la personne transgenre de son orientation sexuelle. La première est en rapport avec soi-même, la seconde se définit par son rapport à l’autre. Et là aussi, c’est très varié. Les transgenres peuvent être bi, gay, lesbiennes, hétérosexuels voire asexués !”

En ce qui concerne l’acte sexuel, l’ASBL bruxelloise Genres Pluriels, a planché sur une brochure quant à la sexualité des personnes transgenres avec l’association Ex Aequo, une ASBL de promotion de la santé auprès des personnes homosexuelles et une ASBL française, OUTrans.

Celle-ci devrait être publiée prochainement. “C’est essentiellement au niveau de la prévention que nous avons travaillé, détaille Londé Ngosso. Par exemple, une personne opérée, qui a un clitoris plus grand doit le protéger. Ce diclit est plus petit qu’un pénis. Comment faire pour le protéger ? En coupant le bout de doigt d’un gant de latex. ça forme ainsi une sorte de capuchon sur le diclit.”

Les personnes qui ont suivi une vaginoplastie aussi doivent prendre des précautions particulières. “Ces personnes doivent penser à mettre plus de lubrifiant, par exemple, ajoute Londé. Car sans, cela peut très vite s’irriter. Ce lubrifiant sera combiné avec un préservatif sans additif, uniquement à base d’eau.”

Le temps à attendre après une opération pour reprendre une acrivité sexuelle est indéfini. “On manque d’info et de suivi médical, déplore Londé Ngosso. On essaie, à travers notre ASBL, d’avoir de contacts avec des médecins. On commence à établir un réseau de médecins. On est aux prémisses.”



Laura Cerrada Crespo

> lcer@dh.be



© La Dernière Heure 2010