Société

Rencontre sucrée- salée avec Louis Parein, l'inventeur des Tuc et des Cha-Cha, débarqués chez nous en 1958

BRUXELLES Parein, Parein. Pour sûr, ce patronyme vous dit quelque chose. Bon sang, mais c'est bien sûr, comme dirait l'autre. Les biscuits ! Tout juste. Louis, le fils de Paul, a inventé deux des plus célèbres appellations contrôlées : les Cha-Cha et les Tuc.

L'histoire a de ces anecdotes ! C'est dans un avion, entre Bruxelles et l'Amérique (la sienne, quoiqu'elle ne fût guère éloignée de celle de Brel) que Louis, vingt ans en 1957, se casse la nénette pour trouver un nom, "court et choc" , pour ce mélange, jusque-là techniquement improbable, de la fragile gaufrette avec du caramel.

"J'avais pensé à Pam-Pam" , se souvient notre as de la gourmandise, de son pavillon ucclois. "C'était déjà pris. J'ai rebondi sur Cha-Cha." Un hasard ? Et encore, une fois qu'on songe au tcha tcha tcha, une danse en vogue en ce temps-là...

Anecdote : sa première épouse, notre interlocuteur l'appelle encore et toujours... Cha-Cha. Responsable du volet commercial de l'entreprise familiale d'Anvers (1.000 personnes tout de même) lancée en 1880, Louis Parein confie le design de l'emballage à Raymon Loewry.

Pas un nain, non plus, lui. N'a-t-il pas dessiné la bouteille de Coca ou le graphisme de la Nasa ? Le résultat, saisissant, cartonne : "Le Cha-Cha est sorti en 58, dépassant les Mars, etc. C'était la première fois qu'un produit belge battait les Américains..."

Dix millions de Tuc vendus chaque jour dans le monde

N'empêche. Entre les souvenirs cartonnés, les affiches ou les boîtes Parein que collectionne l'un de ses rejetons, Louis Parein avoue cependant une plus grande fierté pour la venue sur le marché de ses Tuc. En 1959.

"L'entreprise a été rachetée dans les années 70. Là, je suis parti faire des gaufrettes aux États-Unis. Nos successeurs on fait des mini-Cha-Cha, des Cha-Cha au chocolat blanc, etc. Mais ce produit n'a jamais dépassé les frontières belges. Invendable à l'étranger. Je ne sais pas pourquoi. Mon plus beau fanion, ce sont les Tuc."

Saviez-vous qu'on en vendait, chaque jour, environ 10 millions de par le monde - dans une cinquantaine de pays ? De son pied-à-terre ucclois, ce fou de l'Amérique, ce fou de mots (pensionné, il écrivit Le pont de l'Amérique , avant de denses pages sur son clan) regarde, aujourd'hui, les choses d'un oeil éloigné.

En rêvant d'une autre confiserie de choix : la rédaction d'un ouvrage sur la biscuiterie au nom si doux qu'à lui seul il évoque déjà la famille.



© La Dernière Heure 2008