Société Densité de circulation insensée sur le ring
de Bruxelles et d’Anvers


BRUXELLESLes comptages récents de densité de circulation autour de Bruxelles ou d’Anvers donnent le tournis.

• Sur le ring de Bruxelles, à Wemmel, la zone la plus fréquentée, on enregistre des moyennes journalières approchant les 150.000 véhicules entre 6 et 22 h (voir plus de détails dans notre infographie).
Et ce record est battu largement par un tronçon du ring d’Anvers entre Berchem et Borgerhout, où la densité journalière se situe entre 170.000 et 178.000 véhicules entre 6 et 22 h. Soit trois voitures à la seconde pendant 16 heures d’affilée ! En moyenne...
Aux heures de pointe, les embouteillages autour de Bruxelles prennent désormais des proportions très inquiétantes. Tous les indicateurs sont au rouge.

• Sur le ring à Grand-Bigard, par exemple, les comptages montrent une augmentation de circulation de 10 % entre 1995 et 1999 .
Selon nos calculs, on peut maintenant estimer que 350.000 voitures tentent d’entrer tous les matins à Bruxelles ou transitent par son ring bouché.

• Sur les autoroutes qui mènent à la capitale, les files sont présentes dès 6 h 30, alors qu’elles n’apparaissaient qu’une heure plus tard voici 10 ans, constate Touring Mobilis. Et cette heure de pointe dure maintenant jusqu’à 10 h ! Le soir, les embouteillages perdurent jusqu’à 20 h. Au moindre accident, à la moindre intempérie un peu importante, c’est la paralysie.

Avec 4,5 millions de voitures en circulation aujourd’hui (pour 10 millions de Belges, c’est stupéfiant), un parc automobile en forte progression, tout comme le kilométrage moyen annuel de chaque auto (6 % de plus en 10 ans), rien ne permet de croire que la situation va s’améliorer. Aucune mesure du plan de mobilité du gouvernement n’a encore d’effet réel et concret sur le terrain. A Bruxelles, la pagaille est promise pour de longues années encore, en attendant le RER, qui aura forcément un impact positif pour Bruxelles si les prix, les cadences et la régularité sont au rendez-vous.
Aujourd’hui, une large majorité de Belges écarte l’option des transports en commun. Selon un dernier rapport du Groupe de recherche sur les transports des Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur, il apparaît qu’une large majorité de Belges n’utilisent que leur voiture pour se rendre à leur travail.
En Wallonie, 80 % des gens prennent leur auto pour aller au boulot, un chiffre qui descend à 70 % en Flandre et à 60 % à Bruxelles, nous indique M. Hubert, du Groupe de recherche sur les transports, unité chargée d’étudier la mobilité des ménages belges au travers d’une enquête de deux années (99 et 2000).
A Bruxelles, deux tiers des personnes actives travaillent à moins de 10 kilomètres de leur domicile (mais 60 % des gens continuent tout de même à prendre leur auto, malgré une offre de transports en commun inégalée ailleurs dans le pays). En Flandre, 47 % des actifs habitent à moins de 10 km de leur lieu de travail. En Wallonie, cette proportion est plus faible : 40 % travaillent à moins de 10 km de chez eux. Une chance, finalement. Pour les autres, c’est boulot, bouchon, dodo.

Benoît Franchimont