Société Les victimes de harcèlement sur Facebook ou sur WhatsApp ne se laissent plus faire.

Des adolescentes qui sont décrites sur Facebook comme " des putes anversoises". Ou la célébrité flamande Astrid Bryan à qui l’on conseille de "manger du steak".

Début de cette année, les mésaventures de quelques personnalités ont attiré l’attention sur le phénomène des commentaires haineux sur Internet.

Dans une étude de l’université d’Anvers, on apprend qu’environ un jeune sur dix a été harcelé au cours des derniers mois via Internet ou GSM.

Et selon une étude américaine, 40 % des adultes ont déjà eu affaire à un harcèlement en ligne.

Mais ils sont de moins en moins à laisser passer ce genre de comportement. Le nombre de signalements augmente en effet d’une année à l’autre.

C’est ce qui ressort de chiffres obtenus auprès du ministère de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) par le député Franky Demon (CD&V).

Le harcèlement sur Internet n’est pas une infraction pénale en soi, mais est néanmoins enregistré dans les statistiques de la police.

En 2015, 2.037 cas avaient été répertoriés. C’était presque 9 % de plus que l’année précédente. Et en comparaison avec 2012, on en est à la moitié de faits en plus : de 1.401 à 2.037 (+45 %). "Pour 2016 aussi, la tendance s’annonce à la hausse, selon Franky Demon. Sur le premier trimestre, 550 cas de harcèlement sur Internet ont été enregistrés."

L’inquiétude augmente aussi auprès des parents, selon Gie Deboutte du réseau flamand Kies Kleur tegen Pesten. "Les enfants sont en contact de plus en plus jeunes avec le smartphone ou des jeux en ligne. En plus, les écoles ne savent pas comment réagir au harcèlement sur Internet et font comme si c’était un problème qui relevait de la vie prvée. Les parents font dès lors plutôt appel à la police."

On remarque aussi qu’il y a beaucoup moins d’adolescents de 14 à 17 ans suspectés de harcèlement sur Internet que de trentenaires ou de quadragénaires.

Les suspects de moins de 14 ans ne sont en général pas repris dans la banque de données.

Lors du premier trimestre de 2016, 8 % seulement des suspects étaient âgés de 14 à 17 ans.

Un sur cinq en revanche est un jeune quadragénaire de 41 à 45 ans. "De nombreux adultes profitent de l’anonymat d’Internet pour se mélanger au monde des jeunes", explique Gie Deboutte. "Mais c’est aussi la tranche d’âge où les gens sont le plus à le recherche de relations et d’amitiés sur Internet. Et comme ils se montrent difficiles à satisfaire, cela entraîne parfois des dérapages. "

Il y a d’ailleurs trois fois plus d’hommes que de femmes enregistrés comme suspects par la police. Les utilisateurs d’Internet se plaignent surtout de prise de contact non souhaitée (34 %), de maltraitance (24 %) et enfin de sexting non souhaité (22 %), c’est-à-dire d’envoi et de partage de messages ou d’images à caractère sexuel via GSM ou Internet.

C’est ce qui ressort d’une récente enquête de Microsoft.

Un tiers des répondants avouait que ce harcèlement sur Internet leur procurait du stress supplémentaire, même quand ils ne sont pas sur Internet.

Et pour 36 %, cela se traduit par une confiance moindre dans les autres personnes.

Le député Franky Demon insiste sur l’importance de signaler le cyberharcèlement même si on n’est pas soi-même la victime. "Le harcèlement peut être poursuivi depuis l’an dernier sur base de preuves flagrantes, même sans que la victime porte plainte. Cela permet à des spectateurs d’intervenir pour éviter que le harcèlement ne dérape encore davantage."