Société Le joint de cannabis a une toxicité beaucoup plus forte que la cigarette, qui est déjà responsable de la plupart des cancers des poumons.


PARIS "Le cannabis favoriserait la survenue des cancers des bronches, de la bouche, du pharynx, de l’oesophage et du larynx". Ce constat est le résultat d'une étude de l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale française. Ces résultats devraient être rendues publiques jeudi au ministère français de la Santé. Selon cette expertise, une synthèse des quelque 1.200 études scientifiques existantes, réalisée par des experts de différentes disciplines (toxicologues, neuro-pharmacologues, psychanalystes...), cette augmentation du risque s’expliquerait notamment par le mode de consommation du cannabis, souvent associé au tabac, ou fumé pur sous forme de marijuana. «Une cigarette de cannabis contient 50 mg de goudrons alors qu’une cigarette de tabac en contient 12 mg, et la concentration en produits cancérigènes de ces goudrons est également plus importante», relèvent ainsi les experts.
A cet égard, une substance, le delta9 tétrahydrocannabinol (D9-THC) - le plus abondant des soixante cannabinoïdes recensés à ce jour dans le chanvre indien - a des effets broncho-dilatateurs qui «pourraient favoriser la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx, de l’oesophage et du larynx», estiment les toxicologues. Ces derniers ont déjà constaté expérimentalement que des cellules pulmonaires animales ou humaines normales devenaient malignes lorsqu’elles étaient exposées à de la fumée de cannabis. Les experts français reconnaissent cependant que démontrer l’éventuel lien de cause à effet entre l’usage de cannabis et l’apparition de troubles est difficile, «notamment parce que le produit est illicite dans la plupart des pays»... Les enquêtes les plus récentes permettent toutefois d’affirmer que l’expérimentation de cannabis, c’est-à-dire sa consommation au moins une fois au cours de la vie, est en augmentation chez les jeunes dans l’ensemble des pays occidentaux depuis une dizaine d’années. L’expérimentation du cannabis concerne essentiellement les jeunes de 15 à 19 ans. Les pourcentages de garçons et de filles déclarant avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie sont relativement proches. En revanche, pour des consommations répétées (au moins dix fois dans l’année), la proportion de garçons est plus importante. «Les campagnes d’information et de prévention devraient donc tenir compte des différences de consommation selon l’âge et le sexe, en distinguant risques sanitaires immédiats et risques à plus long terme», estiment les enquèteurs. En outre, certains facteurs, génétiques, sociaux ou familiaux, semblent déterminer une vulnérabilité plus grande à une consommation abusive de cannabis. Les conclusions de l'enquète recommandent «une prise en considération de ces facteurs individuels de vulnérabilité dans les messages de prévention».