Le premier Gamephone

acat@dh.be Publié le - Mis à jour le

Société

Une vraie console dans un téléphone? Elémentaire, mon cher Sony Ericsson.


TOKYO Ce sont deux secteurs qui roucoulent pas mal chacun sur leurs branchages : à droite, les smartphones, dans les poches de près d’un Belge sur quatre. À gauche, l’industrie du jeu vidéo, qui maintient le cap au gré des ans. Jusqu’ici, et malgré notre ère d’hyperhybridation, personne n’avait songé à vraiment lier ces deux destinées, de manière pro (on ne parle pas de tripatouiller vite fait sur Tetris ou Angry Birds ). Plutôt incompréhensible.

Le gap est enfin comblé, et porte le p’tit nom de Xperia Play. C’est, évidemment, vu l’expertise vidéoludique de Sony et son label Playstation, à Sony Ericsson que l’on doit ce premier gamephone , vite baptisé Playstation Phone. Deux semaines durant, on en a usé touches et batterie jusqu’aux cernes. Test.

Ergonomie, look and feel : le Xperia Play est grand (119 x 62 x 16 mm), le Xperia Play est lourd (178 grammes). On le dit d’entrée, car c’est ce qui frappe d’entrée. En même temps, c’est logique : derrière son apparence de smartphone classique, se dévoile (plutôt, se coulisse) une façade en métal anodisé, pourvue de commandes qui ne laissera pas étranger tout qui a approché une console Playstation ces dix dernières années. Le tout, déplié, tient bien en main, malgré la relative petitesse de l’ensemble pour qui possède de grosses paluches. On adore la présence de touches R1 et R2 sur l’arête du joujou , on aime moins les deux surfaces tactiles rondes en lieu et place des joysticks, très inopérantes. Côté design, le noir laqué est du plus bel effet et le Xperia Play est plutôt joli, malgré sa taille imposante. Dommage que les finitions de certains éléments suivent moins, comme la coque arrière, trop fine et attrape-traçes de doigt…

Caractéristiques techniques et système : comme la majorité des smartphones du moment, c’est Android 2.3 Gingerbread qui anime ce Playstation Phone. Il y tourne de manière impeccable, avec une surcouche graphique maison appréciable. L’écran tactile de 4 pouces est très confortable et lumineux, la réponse au doigté est exemplaire. Sous le capot, on parle d’un (classique) processeur Scorpion ARMv7 cadencé à 1 GHz et d’une puce graphique Adreno 205. Ça ne vous dit rien ? Retenez juste que c’est bon, pas extrêmement à la pointe, mais suffisant pour le job demandé. La mémoire se contente de 512 Mo (heureusement, une carte SD de 8 Go est fournie), tandis que niveau connectique, avec du Wi-Fi 802.11 b/g/n, du Bluetooth 2.1, la 3G et une puce GPS, ce Play peut se targuer d’être complet, même s’il fait, contrairement à ses petits frères de la gamme, honteusement fi d’une sortie HDMi…

Jeux et gameplay  : c’est la règle absolue : ce sont les jeux qui font le succès d’une console. Ce seront donc les jeux qui feront le succès d’une consophone . Téléchargeables sur l’Android Market contre 5 € (ce qui n’est pas rien) et une demi-heure d’attente (ce qui est beaucoup), les jeux disponibles sont pour l’heure rares, et constituent uniquement des portages de la PS1. Notons toutefois que Sony se montre gentil : de base sont embarqués six vrais jeux : FIFA 11 , Bruce Lee , Les Sims 3 , Star Battalion , l’inusable Tetris et Crash Bandicoot , qu’aucun nostalgique n’a oublié. Le résultat joué, fluide, répond à l’attente. Reste au catalogue à s’engrossir.

Appareil photo  : un mot tout de même sur l’appareil photo embarqué au verso (rien en façade) : 5,1 Mégapixels, c’est limite radin, selon les standards actuels. Le résultat est donc très correct, mais pas forcément digne du label Sony Ericsson, jadis référence sans concurrence en matière de photophones. En résumé : ce Play shoote à peu près comme un iPhone 4, mais ne tient pas la comparaison face à un Nokia N8.

Prix et disponibilité  : déjà disponible en Belgique, avec coque noire ou blanche selon vos humeurs, le Xperia Play s’échange dès 580 euros. Certes, ce n’est pas une paille. Mais au vu de l’Argus smartphonien du moment, de ce que cet appareil sait faire (et que la concurrence ne peut singer), ce positionnement tarifaire n’est pas si indécent. Cf les prix de l’iPhone 4…



© La Dernière Heure 2011
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