Société

On fait attention à sa ligne de plus en plus jeune


ROME Les Italiennes sont les seules femmes d'Europe occidentale à être plus minces aujourd'hui qu'en 1980, une tendance due à un changement de modèle culturel, à une grande attention à leur ligne et au fameux régime méditerranéen, selon les hypothèses d'experts consultés par l'AFP.

Une étude, menée à l'échelle mondiale sur les plus de 20 ans et publiée vendredi par la revue britannique The Lancet, montre que leur indice de masse corporelle (IMC) était de 25,2 en 1980, juste au-dessus du début du surpoids, mais a diminué à 24,9 en 1990 et à 24,8 en 2000 et 2008.

"Un premier facteur peut être l'accroissement de la taille des femmes italiennes, à poids constant, cela a pu entraîner une baisse de l'IMC", a expliqué à l'AFP, le professeur Pietro Migliaccio, président de la Société italienne des sciences de l'alimentation.

Alors que la taille moyenne y était de 1,60/1,62 m, l'Italie est "capable aujourd'hui d'avoir des équipes de basket et de volley-ball", a-t-il noté, attribuant cette évolution à "une meilleure alimentation, une vie plus saine et plus de bien-être".

Mais pour le professeur Migliaccio, les femmes italiennes sont plus minces qu'auparavant car elles "accordent énormément d'importance à leur beauté et à leur santé".

"Si l'on regarde les Scandinaves, les Allemandes ou les Ukrainiennes, elles sont magnifiques à 18/20 ans mais après elles se laissent aller et à 35 ans elles sont déjà décaties", a-t-il asséné.

En revanche, quand il se promène dans les rues de Rome ou Milan, le professeur Migliaccio dit ne plus faire de différence entre une Italienne de 40 ans et une de 60/65 ans, ou entre une de 30 et une de 40/45 ans.

"Ce n'est pas seulement qu'elles vont davantage chez le coiffeur. Les Italiennes sont parmi les plus élégantes d'Europe et tiennent plus que d'autres à leur ligne", a-t-il relevé. Selon lui, elles se fixent un objectif de taille idéale "même quand elles sont en surpoids ou obèses".

Pour Maria Rosaria D'Isanto, biologiste nutritionniste à Trévise (nord-est), c'est le résultat d'importants changements culturels et sociologiques.
"Le niveau éducatif s'est accru et avec lui la conscience de l'opposition entre poids excessif et bonne santé. Nous avons une génération nouvelle par rapport à celle du +gras et beau+", a indiqué à l'AFP Mme D'Isanto qui collabore avec le ministère de la Santé.

Des campagnes de sensibilisation ont également été menées ces 30 dernières années dans les écoles et les Italiennes font plus d'exercice physique.

"En outre, le concept même de beauté esthétique a changé" avec parfois une fascination excessive pour la maigreur et il s'agit d'un "modèle très différent de celui de l'après-guerre si l'on observe les photos des actrices des années 50" comme Sofia Loren ou Gina Lollobrigida.

Un autre facteur important est sans doute, selon Mme D'Isanto, "la revalorisation dans les années 80 du régime méditerranéen", à base d'huile d'olive et riche en fibres.

Par rapport à la France "où la culture culinaire est très riche en graisses, avec les fromages ou le beurre, en Italie la base c'est l'huile d'olive, on a plus conscience que c'est de la graisse, on la voit avant de l'ajouter à un plat", a estimé la nutritionniste.

Dans le Centre médical où elle officie à Trévise, Mme D'Isanto a noté que l'"on fait attention à sa ligne de plus en plus jeune avec beaucoup de patients envoyés par des pédiatres".

Contrairement aux grands-parents d'autrefois souvent convaincus qu'"une alimentation abondante était signe de richesse", les parents d'aujourd'hui sont "particulièrement attentifs à l'alimentation".

© La Dernière Heure 2011