Le succès des cartes prépayées

P. D.-D. Publié le - Mis à jour le

Société

Après bpost, c’est au tour d’Axa, de Belfius et de Buy Way de passer à l’attaque

BRUXELLES Les cartes prépayées ont le vent en poupe !

Voilà trois mois, bpost lançait la bpaid, une carte dont 40.000 exemplaires ont déjà été écoulés, alors que l’objectif était d’en commercialiser 50.000… sur l’ensemble de l’année.

Début mars, Mobile Vikings, Cardwise et Transact lançaient à leur tour une MasterCard prépayée. Quelque 10.000 cartes ont été vendues.

Ce vendredi, c’est Axa Banque qui proposera une maxi-prepaid, disponible en agences ou sur Internet.

À la mi-juin, c’est Belfius Banque qui étoffera sa gamme de cartes de crédit en déclinant ce produit sous forme de cartes classiques ou prépayées.

Et mi-juillet, c’est cette fois Buy Way, qui avait lancé en juin 2011 une première carte prépayée pour ses clients, qui proposera cette fois la… Buy Way Prepaid, disponible dans quatre mille points de vente en Belgique.

La caractéristique principale d’une carte de crédit prépayée, c’est qu’il ne s’agit pas, à véritablement parler, d’une carte de crédit ! Prenez une carte de crédit classique. Lorsque vous réalisez une opération, l’émetteur de la carte – Visa ou MasterCard – vous avance l’argent, à charge de rembourser la totalité ou non des dépenses à la réception de la facture mensuelle. L’émetteur vous fait donc crédit pendant quelques jours ou quelques semaines. Voire plus. Si vous étalez le remboursement de vos dépenses – le crédit revolving –, les intérêts seront généralement salés.

Si l’on prend l’exemple de la bpaid MasterCard, elle peut être utilisée comme une carte de crédit puisqu’elle a toutes les fonctions d’une carte de crédit, sauf le crédit.

Vous ne pouvez, en effet, dépenser que l’argent que vous avez. Si vous chargez la carte d’un montant de 1.000 euros, vous ne pourrez donc dépenser que 1.000 euros.

C’est, du reste, le même principe pour toutes les cartes prépayées.

À qui s’adressent-elles ? “Notre cible, ce sont les jeunes car ils sont friands d’achats sur Internet ou de voyages à l’étranger”, explique Damien Guermonprez, CEO de Buy Way.

En fait, les paiements sur Internet suscitent encore la méfiance de nombre de Belges, par crainte de possibles fraudes.

“Tout le monde n’est pas à l’aise sur Internet”, relève Marc Lauwers, vice-président du comité de direction de Belfius Banque.

Or, sur Internet, il est bien souvent difficile d’effectuer un achat ou une réservation sans carte de crédit. Les cartes prépayées répondent à ce besoin. “Si vous voulez réserver un billet d’avion ou une chambre d’hôtel, vous avez besoin d’une carte de crédit”, souligne Benoît Lempkowicz, porte-parole chez Axa Banque. “La maxi-prepaid le permet.”

De plus, une carte de crédit classique n’est pas accordée – en principe – à la légère. L’émetteur doit consulter la centrale des crédits aux particuliers afin de connaître l’ensemble de vos ouvertures de crédit. Il exige, aussi, des revenus suffisants pour s’assurer que vous pourrez rembourser le crédit qu’il vous accorde.

Raison pour laquelle les jeunes peuvent difficilement obtenir une carte de crédit car ils n’ont pas de revenus. Dans le cas des cartes prépayées, elles sont anonymes : rien ne vous empêche de la céder à un tiers – enfant ou non. Il peut alors l’utiliser à l’étranger, dans le cadre d’études ou de vacances.

Et pas question de faire des folies puisque le titulaire de la carte ne peut dépenser que l’argent chargé sur la carte. Il n’est donc pas possible de s’endetter avec la carte prépayée.

Si les cartes prépayées ne sont pas en soi des cartes de crédit, elles bénéficient toutefois des garanties liées aux cartes de crédit classiques (il faut également un code pin pour autoriser le paiement).

Les fraudes sont remboursées, sauf cas de négligence grave.



© La Dernière Heure 2012
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