Société Pas un pan de l’économie ne semble échapper au modèle d’économie collaborative.

Plus que jamais, l’économie collaborative a le vent en poupe. Avec des fortunes diverses et, parfois, des modèles qui s’assimilent davantage à une concurrence déloyale échappant à tout contrôle des autorités fiscales. Certains géants en ont fait les frais devant les tribunaux, à commencer par Uber. AirBnb est, lui aussi, souvent pointé du doigt, ayant contraint les administrations à se pencher sérieusement sur l’activité pour rappeler les règles avant de passer aux contrôles.

Cela n’empêche pas certaines activités de se développer en toute légalité. C’est notamment le cas de La Louve, un concept de supermarché collaboratif importé des États-Unis et qui s’apprête à ouvrir ses portes à Paris, Lille et Toulouse. Né dans l’esprit de deux Américains domiciliés à Paris, Tom Boothe et Brian Horihan, le projet a été lancé par appel de fonds fin 2014. Il n’a fallu que quelques semaines pour intéresser de nombreux collaborateurs et rassembler les quelque 150.000 € nécessaires pour concrétiser le projet. Une somme qui équivaut à 10 % des fonds nécessaires à l’ouverture du supermarché, le reste étant financé par voie classique, banques en tête.

"Il s’agit d’un nouveau modèle pour faire ses courses", expliquent les porteurs du projet sur leur site Internet. Concrètement, les clients-membres de la coopérative (ceux qui auront investi 100 euros dans le projet, ou 10 euros pour les minima sociaux) devront effectuer 3 heures consécutives de travail toutes les 4 semaines pour pouvoir y faire leurs courses. Caisse, stocks, démarches administratives, nettoyage… Ces tâches, effectuées aux côtés de quelques salariés, visent à assurer le bon fonctionnement du magasin. "Les économies réalisées permettent à la coopérative de pratiquer des marges basses qui se traduisent par des prix très abordables sur des produits de haute qualité."

Le modèle met aussi en avant les circuits courts et les producteurs locaux, rémunérés au prix le plus juste possible, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on sait tout le mal que les agriculteurs et éleveurs éprouvent à l’heure actuelle pour joindre les deux bouts.

Dans les rayons, on retrouvera ainsi des produits de haute qualité, à prix abordables puisque le système collaboratif peut se permettre de rogner sur les marges. Un concept qui verra donc le jour d’ici peu à Paris avant de s’installer à Lille et Toulouse. Et, pourquoi pas, franchir rapidement la frontière? En Belgique aussi, le supermarché collaboratif (à plus petite échelle) a attiré l’attention, notamment à Schaerbeek où les réunions se multiplient pour le faire aboutir.

Le premier supermarché collaboratif de la capitale ouvrira en septembre

Un tout nouveau type de supermarché participatif, le Bees Coop, va voir le jour en septembre 2016 dans une ancienne boulangerie. L’idée émane d’un groupe composé de 80 membres qui développent un projet de supermarché coopératif à but non lucratif, le premier de la capitale. "De plus en plus de consommateurs en ont assez des produits insipides et suremballés des grandes surfaces", a fait valoir Quentin Crespel, un des cofondateurs. Concrètement, le client du magasin est aussi propriétaire et travailleur bénévole. Il participe aux décisions stratégiques et travaille trois heures par mois au sein du supermarché. Des commandes à la mise en rayon ou la caisse : tout est effectué bénévolement ! "Le but est de reprendre le contrôle de ce que nous consommons. Le consommateur doit avoir une information claire sur ce qu’il achète", ajoute Quentin Crespel.