Société Le consistoire israélite a causé l’indignation des députés en les comparant à des nazis.

Le moins qu’on puisse dire à propos de la Commission environnement qui s’est tenue jeudi au parlement wallon, c’est qu’elle était agitée. Au programme du jour, un sujet plus que houleux : l’abattage rituel. Depuis des mois, les députés Christine Defraigne (MR) et Josy Arens (cdH) militent en faveur d’une interdiction pure et simple de l’abattage sans étourdissement, au motif de respecter le bien-être animal .

La mesure devait normalement être votée hier, mais ce ne fut pas le cas.

Lors de la Commission, le président du Consistoire central israélite, Philippe Markiewicz, a demandé aux députés wallons de ne pas "poser le même acte" que l’occupant nazi qui, en 1940, s’en était pris à l’abattage rituel pratiqué par les juifs. Il a demandé un délai supplémentaire pour le dialogue sur les textes en débat dans l’assemblée.

"La dernière fois qu’on a voulu porter atteinte à l’abattage rituel, c’était en octobre 1940, sous l’occupant nazi, car ils savaient combien c’était important pour les juifs. Même si nous vivons dans une démocratie éclairée, je vous invite à ne pas poser le même acte", a-t-il ajouté.

Le 6 avril, il avait expliqué, dans les pages de la Libre Belgique que l’interdiction de l’abattage rituel était "la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale".

Les députés ont largement condamné cette comparaison, qu’ils ont jugée totalement déplacée. Scandalisée par ces propos, Christine Defraigne a demandé des excuses sur le champ.

Suite à ces discussions pour le moins agitées, décision a été prise de reporter le vote au 5 mai. "C’est la deuxième fois que le Parlement se fait avoir. Ça ne peut pas arriver une troisième fois, les gens en ont marre. Il faut prendre une décision", s’est exclamé Michel Vandenbosch, président de Gaïa qui était présent lors de la Commission.