Les beaux gosses à la caisse

Nicolas Capart Publié le - Mis à jour le

Société

Au Japon, un économiste illuminé croit avoir trouvé une parade pour pallier au célibat de ses compatriotes de la gent masculine


TOKYO Chers camarades masculins qui endurez l'œil hagard un célibat qui vous ronge depuis trop longtemps, si vous pensiez être mal lotis sous nos latitudes, le cœur froid et solitaire, sachez que d'autres de l'autre côté du globe mènent une existence bien plus misérable encore que la vôtre. Au pays du soleil levant, ces messieurs sont trop nombreux face aux demoiselles et subissent par conséquent la loi implacable de dames triant sans scrupule les hommes sur le volet. Un constat qui a fait germer cette idée saugrenue dans l'esprit du sieur Takuri Morinaga...

Pour cet économiste de l'université de Dokkyo, l'équation est simple: pour contrer le fléau du célibat des hommes japonais, il faut davantage taxer ceux d'entre-eux qui sont beaux et réduire du même coup l'impôt payé par les moches. Car c'est là que le bât blesse d'après lui. Même si un homme beau et moyennement fortuné ne rencontre aucune difficulté à se marier au Japon, la moitié des trentenaires y demeure célibataire, car les Japonaises cherchent un compagnon gagnant au moins deux fois plus qu'elles.

Avec un système d'imposition revu et corrigé, Tahuri Morinaga espère changer la donne et offrir une chance à ses congénères au physique ingrat d'eux aussi convoler. L'économiste a tout prévu... Un comité de la beauté se réunirait ponctuellement pour classer les hommes en quatre catégories: les beaux, les normaux, les moyennement laids et les très laids. La taxation serait ensuite fonction de cette segmentation: les beaux seraient taxés à 100% tandis que que les très laids bénéficieraient d'une réduction de 20%. De la sorte, il deviendrait possible de conserver un salaire suffisamment attrayant pour attirer les belles dans ses filets.

Amis à nez crochu, à vilaine peau, à barbe rousse, à mauvaise haleine, à morphologie d'asperge, aux cheveux secs ou au strabisme peu élégant, si vous êtes moches mais lourdement diplômés et copieusement rémunérés, vous pouvez désormais rêver d'amour et d'idylles asiatiques. On pense à vous là-bas. Quant aux bellâtres, tremblez, même en Europe... En ces temps de crise, la parole d'un économiste fait rapidement le tour du globe.

© La Dernière Heure 2012

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