Société
Se prendre dans les bras et se toucher sont devenus des gestes rares.

La câlinothérapie a le vent en poupe. En Belgique, des psychologues, communicants ou sexologues proposent aux familles ou entreprises des séances de câlinothérapie : durant une heure, on se donne pleinement à l’acte (non sexuel) de se prendre dans les bras.

"On a tendance à prendre de moins en moins les gens qu’on aime ou apprécie dans les bras", constate Julie du Chemin, architecte du désir et coauteure du livre Les 12 lois du bonheur amoureux et sexuel. Par peur de leurs réactions et du rejet qui ferait mal. "Il y a aussi une immatérialité des relations humaines. On parle de plus en plus à travers écrans interposés."

L’univers de la compétitivité et du travail laisse peu de place aux contacts physiques. "Le monde en entreprise aussi est un milieu où on ne peut pas exprimer ses sentiments par le toucher. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des journées mondiales du câlin, que les rassemblements de free hugs existent… Ils sont là pour tirer la sonnette d’alarme. C’est important d’être touché."

Se prendre dans les bras et savourer l’instant, en étant pleinement concentré sur le moment, est porteur de bien-être. Physiquement, d’abord. Le câlin libère l’ocytocine, aussi appelée hormone du désir. La personne va immédiatement se sentir bien.

Psychiquement, cela augmente le bonheur ressenti. Le câlin renvoie à l’enfant qui sommeille en chacun de nous. Julie du Chemin détaille : "J’entends régulièrement qu’il ne faut pas trop prendre un enfant dans les bras. Or, plus un enfant est câliné, pris dans les bras, tenu et soutenu, plus il se sent en sécurité et plus il sera en confiance. Il aura aussi confiance en lui."

Au niveau du couple aussi, le manque de contact physique peut s’avérer cruel. "Les gens qui sont ensemble depuis longtemps ont moins de démonstration physique envers l’autre. Il n’y a pas le même désir", ajoute la sexologue . "On place notre énergie ailleurs que dans le contact physique. C’est comme les massages, au début, les couples font durer les massages. Après, plus tant que ça."

Si le Belge est en manque de câlins, il doit cependant être respectueux des autres. "La loi de l’espace-temps est importante : il y a un espace juste à respecter. Le harcèlement, c’est quand on ne le respecte pas. Il faut que cet espace soit juste pour les deux. Il y a des soucis quand il y a trop d’espace entre les personnes, mais il ne faut pas qu’il n’y en ait plus."

Le conseil de la spécialiste qui donnera ce 20 février une conférence live (www.aaah.be) sur "ce qui plaît aux femmes au lit" ? "Même si on ne fait qu’un baiser furtif ou un toucher d’épaule, il faut qu’on y soit présent. On privilégie la qualité de ces gestes plutôt que la quantité. On ne se touche pas pour se toucher : on le fait pour le plaisir d’être dans les bras l’un de l’autre, parfois même sans un mot. Juste savourer le contact physique."