Société Médecins et patientes pas assez informés, regrette la Société belge de la ménopause.

La ménopause touche toutes les femmes. "Dès 50-51 ans", en Belgique, précise le professeur Serge Rozenberg, gynécologue aux Cliniques Saint-Pierre et secrétaire de la Société belge de la ménopause (SBM). Or, le phénomène est méconnu. Des femmes et des médecins. C’est ce qui ressort d’une étude belge menée par la SBM auprès de 1.324 femmes et d’une soixantaine de généralistes. "Une femme sur dix ne sait pas si elle est (péri-) ménopausée ou non", révèlent le professeur Rozenberg et son collègue, Herman Depypere, président de la SBM.

Les femmes pensent d’ailleurs que la ménopause signe la fin de leur vie sexuelle (17 %). Mais il n’y a pas que les principales intéressées qui souffrent d’une méconnaissance du phénomène. Les médecins généralistes aussi. En ce qui concerne la vie sexuelle, 9 % des médecins sondés, soit près d’un omnipraticien sur 10, pensent que la ménopause met un terme aux câlins sous la couette.

Deux tiers des médecins de famille éprouvent des difficultés à répondre aux questions des patientes liées à la ménopause, au traitement et aux effets de celle-ci… "La réputation des traitements hormonaux est malheureusement encore victime de vieilles rumeurs erronées", soulignent les spécialistes. "Or, de nombreuses études scientifiques prouvent pourtant que des traitements hormonaux adaptés permettent d’atténuer les effets négatifs de la ménopause."

Pour le professeur Rozenberg, il y a une génération perdue. "On nous a traités de criminels un temps. On nous a dit qu’on tuait des gens en optant pour ces traitements. C’est un coup de massue dont on essaie de se relever. Il y a clairement une génération entière de femmes qui souffre de symptômes liés à la ménopause mais n’exploite cependant pas toutes les solutions qui s’offrent à elle. Les traitements hormonaux sont en effet souvent balayés de la main unilatéralement parce qu’ associés à des risques exagérés. On a ainsi culpabilisé une génération de médecins et de femmes, avec en bout de course des a priori négatifs qui ont un impact néfaste sur la qualité de vie de nombreuses patientes. Notre but est dès lors de sensibiliser globalement la population, sans pointer du doigt, afin que des choix conscients et informés puissent être faits."

Les nouveaux médecins vont-ils être mieux informés ? "On est en plein dedans. On y travaille. Il y a un travail important à faire. On essaie de redonner confiance aux gens, de leur dire qu’ils peuvent être aidés", conclut le spécialiste.