Société

Un dauphin souriant et prompt à nous divertir. C’est l’image véhiculée par les delphinariums et la célèbre série, Flipper.

Mais en réalité, l’attitude des dauphins captifs résulte d’un dressage brutal : "La plupart des comportements exhibés sont des numéros de cirque", nous explique Yvon Godefroid, organisateur de la manifestation. De plus, ces cétacés supportent très mal la captivité. "Les dauphins privés de contacts sociaux et sensoriels sont victimes de nombreuses maladies dues au stress comme des infections, des dépressions et des automutilations. Ce qui entraîne au final des morts prématurées et des naissances très rares."

Un dauphin sauvage peut atteindre l’âge de 40-50 ans. Dans les delphinariums, l’espérance de vie est réduite de moitié au minimum. Autre problème : le taux de chlore des bassins est si élevé qu’il entraîne des inflammations de la peau et des yeux. "Du coup, ces animaux sont gavés d’antibiotiques." L’équivalent aquatique de l’ours en peluche peut aussi exhiber des comportements agressifs vis-à-vis des membres de son espèce ou d’espèces cousines. "On a découvert qu’on les droguait au Valium, dans un parc en Allemagne, pour les calmer des tensions."

Le but de cette manifestation est de fermer les delphinariums pour maltraitance. "Une directive européenne autorise la capture d’animaux seulement si ces espèces sont menacées ou pour faire avancer la recherche. Or, ce n’est pas le cas. Ces spectacles ne contribuent ni à l’éducation, ni à la sensibilisation du public, et encore moins à la recherche."

La Croatie, le Brésil , l’Inde, le Royaume-Uni et le Chili ont déjà interdit les delphinariums.

Mais pour les parcs, les dauphins sont considérés comme un produit. "Pour 20 euros, on peut les caresser, pour 110 euros, on peut nager avec. Ces animaux génèrent des bénéfices énormes." Mais leur dressage et leurs conditions de vie finissent par les détruire.

Au Boudewijn Seapark de Bruges, on nous rétorque que "ces manifestants veulent la fermeture sur des faits qui ne sont pas prouvés scientifiquement et qu’il existe des contrôles très stricts dans le cadre de l’élevage et de la reproduction."