Société

Ils n‘iront pas en stage ce lundi pour protester contre le manque de nos Inami. Cette grève pourrait s'étendre aux étudiants de l'ULg et l'ULB.

A une écrasante majorité (225 "oui" sur 250 votants), les étudiants de dernière année en médecine de l’UCL (les "Med 24"), "choqués, désespérés, révoltés, dans le déni ou faisant leur deuil", ont décidé de partir en grève ce lundi. Ils ne se présenteront pas à leur lieu de stage pour protester contre l’épuisement complet des numéros Inami en Belgique francophone en 2018, qui a conduit les doyens des facultés de Médecine de l’UCL, de l’ULB et de l’ULg à n’en attribuer qu’à un étudiant diplômé sur deux de 2015 à 2017.

Garder la tête froide

Les "Med 24", leurs sympathisants et quelques professeurs se sont réunis en assemblée générale vendredi soir pour convenir d’éventuelles actions à mener, face à cette situation dramatique pour eux et le manque de solutions à court terme proposées par la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld). Johanna Tabet, qui est une de ces "Med 24" et déléguée des étudiants, a assisté à cette réunion. Elle décrit des étudiants "complètement dans l’émotion, pas toujours très bien informés" et des professeurs qui leur ont demandé de garder la tête froide en attendant que la ministre accepte de les rencontrer.

Un Inami pour tous

"Des représentants des associations estudiantines nous ont informés des moyens d’action dont ils disposaient : financiers, juridiques, contacts avec la presse et le monde politique. Il semble qu’un rendez-vous avec l’avocat qui avait fait sauter le numerus clausus soit prévu le 30 octobre. Ensuite, un vote a eu lieu sur la question de faire grève ou non et la majorité a voté "oui". Cette grève des stages concernera l’UCL dans un premier temps, de lundi à mercredi probablement, puis l’ULg et l’ULB jeudi et vendredi", explique Johanna Tabet qui précise qu’elle a voté "non" à la grève.

Elisabeth Boulanger, une autre "Med 24" qui, elle, fera grève, se lance dans la bataille. "Un Inami pour tous, on n’acceptera pas moins. Se retrouver à 25 ans sans aucun avenir, après sept ans de travail acharné et, pour certains, un endettement pour payer leurs études, c’est injuste", dit-elle. "Nous ne nous présenterons pas à l’hôpital et nous allons mener des actions de sensibilisation, vers les étudiants en médecine qui ne sont pas en dernière année mais aussi vers les médecins de l’UCL qui ne sont pas tous au courant du problème. Lundi soir, il y aura un vote pour savoir si la grève est reconduite de 24h, et ainsi de suite au jour le jour, ainsi que pour déterminer si les cadets nous rejoignent dans le mouvement avec une grève des cours", annonce la jeune femme.

L’étudiante, élue coordinatrice du mouvement des "Med 24", souligne que ces actions sont dirigées vers les gouvernements fédéral et communautaire, "pour changer cette loi absurde, alors qu’il y a une pénurie avérée de médecins généralistes et spécialistes". E lle dénonce "un défaut de prévoyance de la part du doyen qui, certes, s’est retrouvé dans une situation difficile qu’il n’a pas demandée". Tout le monde réclame d’urgence "un cadastre qui liste les vraies activités des médecins. Certains n’utilisent plus leurs numéros Inami. Ceux qui sont inactifs doivent être redistribués". Tous les Med 24 saluent l’annonce récente de Maggie De Block de trouver une solution mais ils restent prudents. "Les solutions ont été maintes fois annoncées mais jamais concrétisées." Isabelle Lemaire