Société Dans les prochaines années, le désintérêt dont a souffert le secteur pourrait s’inverser.

Le transport fluvial prend l’eau, dira-t-on pour faire un mauvais jeu de mots en se basant sur le tonnage charrié en Belgique. Cette remarque vient du ministre wallon des Travaux publics, Maxime Prévot (CDH) au Parlement. "En effet, un recul en termes de trafic fluvial a été constaté, essentiellement lié à la quasi-disparition du trafic des combustibles solides issus de la sidérurgie. Cependant, le trafic fluvial wallon a tendance à se diversifier, notamment par le biais de produits agricoles, de produits divers en containers, etc."

Et il est vrai que le transport fluvial, même si en stagnation depuis le début des années 2000 dans notre pays selon les statistiques du SPF Économie, n’a jamais concerné du fret aussi varié.

En effet, si un quart du tonnage concerne des matériaux de construction, plus de 12 % concernent des produits agricoles et alimentaires et dans 10 % du tonnage, il s’agit d’engrais.

Notons que nos voies hydropiques sont entre autres utilisées par AB InBev Belgique pour acheminer des vidanges entre les sites de Jupille, où est brassée et embouteillée la Jupiler, et de Louvain, où la Stella et la Leffe sont produites. De quoi assurer l’intendance de la production de bière de manière plus écologique.

Force est de constater que le ministre a raison et semble croire au retour de ce mode d’acheminement de marchandises. Le transport fluvial n’est plus uniquement une lubie des écologistes. Pour preuve, 250 millions ont déjà été investis en Wallonie dans "trois projets très attendus en matière hydraulique qui ont été inaugurés en 2015 : l’écluse de Lanaye, l’écluse d’Ivoz-Ramet et le Liège-Trilogiport".

En outre, pour pousser cette dynamique, le ministre rappelle que "le Plan Infrastructure 2016-2019 prévoit 75 millions dédiés à la voie d’eau avec des travaux importants notamment au barrage de Monsin, au Plan Incliné de Ronquières et à l’écluse d’Ampsin-Neuville."

Et d’ajouter : "Ces investissements, tant passés que futurs, vont ainsi permettre d’accroître la diversification du trafic fluvial en améliorant notamment les conditions de navigabilité et promouvoir la voie d’eau comme mode de transport auprès des entreprises."

La formation de batelier garde la cote. "Les 12 places prévues au Forem sont prises chaque année", explique Vanessa Boussard, responsable du centre de compétence Forem logistique de Liège.

Ouvrir les écluses plus longtemps

Maxime Prévot, ministre en charge des Voies hydrauliques, veut une concertation dès 2017 pour élargir les heures d’ouverture des écluses au sud du pays. Le but est d’augmenter la compétitivité du transport fluvial. "Il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas circuler le dimanche sur certaines d’entre elles." Il faut dire que la Wallonie a déjà lourdement investi dans l’augmentation de gabarit de ses voies d’eau intérieures.

En outre, la fonction d’éclusier a évolué et s’est automatisée ces dernières années. Le ministre CDH souhaite, pour favoriser le développement de l’économie wallonne, une augmentation des horaires de manœuvre des ouvrages, pour passer sur certaines écluses à du 24 heures sur 24, et sur certaines le dimanche lorsque ce n’est pas encore le cas.